mardi 31 juillet 2018

Est-ce que mes enfants sont VEGAN? Et quelques idées «recettes» pour les petits (et les grands)


C'est une question qu'on me pose souvent, directement ou indirectement. Et, tu vois, pour moi,  même si elle part généralement de bonnes intentions, cette question est un peu étrange. C'est un peu comme si on me demandait si mes filles (4 ans et 14 mois) sont écolos, féministes ou pour qui elles ont voté aux dernières élections.

Réponse courte: Non, mes enfants ne sont pas vegan, végétaliens, ... appelez-le comme vous voulez. Ils ne sont rien, en fait, à part eux-mêmes.


Crêpes à la farine d'avoine  et aux pépites de chocolat


Pour commencer, il y a le fait que si je ne veux pas me coller d'étiquette moi-même (appelez-moi mangeuse de plantes, à la limite, si vous voulez), c'est évident que je  n'en collerai pas à mes enfants. Je n'utilise presque jamais l'appellation vegan quand il s'agit de moi-même. Je consomme du miel, les objets que j'utilise au quotidien ne sont pas tous à 100% d'origine végétale, et puis je refuse désormais de me ranger dans une case, même si mon engagement par rapport à la cause animale reste inchangé. Je fais de mon mieux, au quotidien, pour limiter ma participation à la souffrance animale, voilà tout. 

Quant à mes enfants, je veux qu'ils aient tous les choix, toutes les opportunités que j'ai eues, et plus encore. Et ceci s'applique à tous les domaines de la vie.

Récemment, ma fille aînée commence à comprendre d'où viennent certains aliments et m'interroge. Elle me fait part aussi de ses réflexions - notamment qu'elle aime les animaux, qu'elle veut les caresser et non pas les manger. Je ne lui ai pas inculqué cette idée - je me suis contentée de lui expliquer qu'il y a des gens qui mangent des animaux et d'autres non et que chacun fait son propre choix. Que beaucoup de gens aiment le goût des animaux comme le poisson ou le poulet, ou alors ont simplement l'habitude d'en manger depuis leur petite enfance. Elle sait que je n'en mange pas et je sais aussi que ça l'influence forcément, mais elle voit aussi que son papa en mange et que je ne le juge pas pour autant.

Certains jours, elle est curieuse, elle regarde ce que mangent les autres, elle veut faire comme tout le monde. ça lui est déjà arrivé de manger du jambon, par exemple. Je ne sais pas du tout où la mèneront ses réflexions dans un avenir proche ou lointain - et cela me va très bien. Son chemin n'est pas tracé d'avance.

Mon but n'est pas de façonner des mini-moi.

Je ne vois pas les enfants comme des terres à cultiver dans lesquelles je sèmerais des graines, mais plutôt comme des petites germes à arroser - je voudrais leur permettre de devenir les personnes qu'ils voudront être, et ne pas les façonner à ma manière, les cuisiner à ma sauce, pour ainsi dire.

Le mot-clé dans l'éducation pour moi c'est la bienveillance, et je voudrais appliquer celle-ci à ce sujet épineux comme à tous les autres.

Je pense aussi que, lorsqu'on me pose des questions ou lorsque, au contraire, on m'observe en silence, ce qui sous-tend les interrogations (explicites ou implicites) c'est que je veux dérober l'existence de la viande, faire comme si elle n'existait pas. Alors que c'est tout le contraire: Je ne veux rien leur cacher, je veux plus  de transparence. Je veux qu'il sachent ce qu'ils mangent. Je veux que les gens qui les entourent parlent de "cochon" de "vache" de "poisson" au lieu de parler de "côtelettes", de "steaks", de "pavé de saumon". 

Je veux être complètement honnête: Dans un monde idéal, d'après moi, il n'existerait pas d'aliments d'origine animale. On n'exploiterait pas les vaches laitières en leur imposant une grossesse après l'autre, et en leur enlevant leurs bébés. On ne tuerait pas les poussins nés mâles le jour de leur naissance.


Lorsque j'ai lu le livre Eating animals et vu le documentaire Earthlings, je savais qu'il n'y aurait pas de retour en arrière: Je n'allais plus jamais pouvoir faire comme si je ne savais pas. Et puis, en-dehors de la cause animale, la faim dans le monde, l'état de notre planète et ma santé sont d'autres raisons importantes pour lesquelles j'ai choisi une alimentation végétalienne. Enfin, s'il n'y avait pas toutes ces (bonnes) raisons, il y a le fait que je ne me suis jamais sentie aussi bien.

En temps et en heure, quand ce sera le bon moment pour eux, mes enfants apprendront eux aussi toutes ces choses.

Pour l'instant, ce sont juste des enfants, juste des êtres humains, en somme, et en tant qu'êtres humains, ils peuvent très bien se passer de cases et d'étiquettes.

En attendant qu'ils grandissent et trouvent leur propre chemin, je veux surtout incorporer un maximum d'aliments sains dans leur alimentation - et, contrairement à beaucoup d'idées reçues, cuisiner des petits plats sains est vraiment à la portée de tous.


Et pour les jours où on n'a pas le temps de cuisiner, on sort les boulettes végétales délicieuses de chez Ikea de son congélateur😏


Voici donc, pour conclure cet article, quelques idées en vrac de petits plats/en-cas que je mitonne pour mes enfants. Ce ne sont pas des recettes, juste quelques pistes (l'internet débordant de recettes à portée de clic) 

Crêpes d'avoine avec pépites de chocolat (accompagnées de fraises/fruits rouges) J'ajoute de la cannelle et de la poudre à lever  -> photo au début de l'article

Pizza polenta avec sauce tomate, crème de noix de cajou* et légumes

Nouilles de riz à la sauce au beurre de cacahuètes (mélanger lait de coco, beurre de cacahuètes, sauce soja, sirop d'agave, citron... selon les goûts)

Galettes de lentilles rouges et bananes écrasées (former des galettes après avoir incorporé les bananes aux lentilles cuites et un peu de maïzena - épices selon les goûts)

Hummus fait maison (en mille et une variantes - je recommande le site Pickuplimes pour des recettes variées)

Soupe aux lentilles vertes, aux pommes, à la courge (épicée à la poudre de curry)

Pommes de terre/Patates douces fourrées  à l'avocat, aux haricots rouges et à la crème végétale (loaded baked potatoes)

Granola maison ou industriel avec yaourt végétal

Tortilla aux fruits et à la purée d'amandes (p.ex. tartiner la purée d'amandes sur une tortilla puis enrouler une banane dedans et découper le tout en rondelles)

Quiche au tofu (mélanger tofu et crème végétale au blender, puis incorporer des légumes à la poêle, des petits pois surgelés, des herbes...  à volonté-> étaler le tout sur de la pâte feuilletée ou brisée)

Dès de tofu trempés dans de la sauce soja (shoyu/tamari) puis roulés dans des flocons, de levure alimentaire (nutritional yeast) et rôtis à la poêle

Pois chiches rôtis au four (avec huile d'olive ou huile de pépin de courge et poudre d'ail)


*noix de cajou trempées dans l'eau pendant 2 heures puis mixées avec la même quantité d'eau (ajouter un peu de poudre d'ail, de sel, de citron ou de vinaigre de cidre)

Boissons:

shake chocolat omega 3 (bananes, lait végétal, poudre de cacao sans sucre ajouté, sirop d'agave, graines de chanvre, une cuillère de purée d'amande ou de beurre de cacahuètes)

smoothie à la banane surgelée et aux fruits frais-> texture glace 

smoothie vert** (un tiers de liquide, un tiers de bananes et de fruits, un tiers d'épinards)

**la couleur est verte mais le goût des épinards ne ressort pas du tout - les smoothies verts sont plutôt sucrés, surtout si on ajoute une plus grande proportion de banane.

dimanche 24 juin 2018

J'ai arrêté de courir après la perfection

Il faudrait l'écrire sur les murs, le crier sur tous les toits, comme la mise en garde sur les paquets de cigarette: Le perfectionnisme nuit gravement à la santé.

Après une chute quelque peu traumatisante et dont je vous épargne les détails,  je me suis retrouvée, temporairement amochée, le visage tuméfié, incapable de me regarder dans la glace pendant presque deux semaines, tant mon apparence m'horrifiait. Heureusement, la bosse énorme que j'avais sur le front s'est dégonflée, les yeux au beurre noir ont changé de couleur, du violet au jaune, pour enfin disparaître, les fils ont été enlevés, les entailles qu'on avait  recousues ont cicatrisé.

Ce qui m'est resté, surtout, c'est cette insupportable sensation d'impuissance, une potentialité de catastrophe impossible à enrayer sur le moment.

Le perfectionnisme ne m'a pas tuée, mais j'ai, moi, décidé de le mettre à mort, cet ancien allié qui s'était  transformé en ennemi. Qu'il repose en paix!

Je voulais que ma vie ressemble à une image parfaite - une nature morte, en fait, après laquelle je courais en tentant tout le temps d'endiguer le chaos engendré par la vie.



Quand on travaille à ce point sa façade impeccable, il y des chances que l'intérieur soit un grand champ de ruines. Lorsque je me suis détournée de la course après une perfection somme toute superficielle, j'ai enfin pu me consacrer à mon bien-être intérieur. 


Il n'y a pas trop longtemps, pourtant, j'avais eu une de ces prises de conscience en demi-teinte, qu'il aurait fallu approfondir, avant de retourner au train-train quotidien et à toutes les attentes. La perfection n'existe pas.


Pourquoi ai-je continué à la viser alors, cette parfaite image, comme tirée d'un livre? Parce qu'une petite voix continuait à me souffler Mais 99%, tu peux? Ou 95, allez! En-dessous de 80%, franchement, quel laissez-aller...


Arrêter tout. Se dire qu'il suffit d'exister. Qu'on n'a rien à prouver. ça fait sacrément du bien.

En fait, pour de vrai, je suis ravie d'être tombée dans les escaliers.

Oui, vraiment.

Car pour la première fois depuis des années, je suis calme, apaisée, capable de profiter du moment présent.

Oh, je sais, cette zénitude va me passer de nouveau, je ne me suis pas transformée en bouddha, je reste une petite boule de nerfs, une pile remontée à mille.

Mais j'ai appris ma leçon. Je crois.

Certes, arrêter de courir après la perfection a un prix: celui de décevoir encore et encore, de ne plus répondre aux attentes. Les gens autour de nous, nos supérieurs, même nos proches... ont tendance à toujours demander plus, à nous pousser plus loin. Souvent avec de très bonnes intentions, parfois dans leur propre intérêt. Mais les gens qui nous aiment vraiment veulent toujours, si on va au fond des choses, que nous nous occupions de nous. Que nous ralentissions. Avec des crissements de pneus et les freins serrés à mort, s'il le faut. 

Les tâches devront parfois attendre, les gens devront patienter, et la chambre d'enfants ressemblera à un capharnaüm, certains jours. 



J'ai arrêté de courir après la perfection. Et ça me fait un bien fou.



dimanche 25 février 2018

«Cher ado»





Quand j'ai entendu parler de la énième fusillade aux Etats-Unis, je n'ai pas pleuré. Comme beaucoup, je me sens presqu'immunisée contre les tragédies. L'empathie que je pourrais ressentir a pâti un peu de la répétition, et, oui, de la banalisation de ce genre d'événements. Ce qui a suivi était aussi redondant - toujours la même chanson: "Trop tôt, pour parler des lois concernant les armes à feu, un peu de respect pour les victimes, s'il-vous-plaît, comment osez-vous parler politique?" Normalement, tragiquement, on serait de nouveau passé à autre chose, après le respect d'un délai de silence. Sans rien changer bien sûr. Jusqu'à la prochaine fusillade. 

Mais cette fois-ci, quelque chose était différent. Quelque chose qui m'a remué les tripes et qui, pour de vrai, m'a fait chialer. En l'absence des victimes elles-mêmes qui ne parleront plus jamais, ce sont les principaux concernés qui prennent la parole désormais: ceux qui restent, les survivants du massacre. Des adolescents. Qui refusent de se taire. Qui refusent que leur école soit juste un autre nom sur la longue liste des établissements "élus" par les bourreaux.


Ce groupe d'ados que j''ai découvert sur youtube m'a profondément émue et impressionnée.  Pas froid aux yeux. Non, ils n'étaient pas là juste pour faire preuve d'un esprit de révolte caractéristique, pas là juste pour la provoc'. Plus matures que les adultes, en fait, par beaucoup de côtés. A cerner le problème avec une lucidité incroyable, au contraire de toutes ces "grandes personnes" aveuglées par l'argent et l'amour des armes à feu.

Les ados, ça fait 12 ans que je travaille avec eux maintenant. On peut dire que je les connais un peu. 
Est-ce que j'ai déjà été confrontée à des ados bornés qui étaient convaincus d'avoir raison, tellement frustrants  à ne pas écouter, à chahuter? Bien sûr!  Mon rôle, c'est de leur donner des règles, de leur transmettre du savoir et du savoir-faire, et parfois aussi du savoir-vivre. Mais mon rôle, c'est aussi de les écouter. 

Souvent, je les trouve plus entiers, plus loyaux et solidaires que les adultes. Au point de provoquer, au point de dédaigner le monde des adultes, au point de foncer dans un mur la tête la première...certes, mais ce côté entier des ados fait tout leur charme.



 Je dis ils mais en réalité, je devrais dire tu

En effet, quand je vois la manière dont tu es représenté dans les médias, je fais la grimace. As-tu déjà constaté que ces gens parlent de toi toujours au pluriel? Vous les adosTous les mêmes.

C'est pour prendre mes distances par rapport à cette approche que je m'adresse à toi, ado, et que je prends à témoin tous ceux qui me lisent. Tu es un individu. Tu importes. Et, surtout, tu n'es pas un cliché, pas inter-changeable. 

Oh tu peux être vraiment susceptible, tu sais, et terriblement rancunier. Mais je vois là-dedans encore, la marque d'une franchise que le monde des adultes, le monde du travail, risque bien d'abîmer, quand on devient prêt à toutes les concessions, à accepter toutes les humiliations pour notre avancement professionnel, lorsqu'on est prêt à oublier qui on est et qu'on a bien été blessé, juste parce qu'on est adulte.

Je crois que ce qui m'intrigue le plus, d'année en année, c'est de voir quel décalage il y a entre les façades et ce qui se cache derrière. Les "gros durs", ça n'existe pas, les piercings et autres couleurs de cheveux douteuses  ou crânes rasés ne sont la plupart du temps que le signe d'une insécurité qui demande à être masquée. Se montrer faible, c'est dangereux, pour un ado. Alors parfois, il faut pardonner un peu de défiance, ou même de provocation, par rapport à nous les adultes.....surtout quand il s'agit de ne pas "perdre la face".

Comment je sais tout ça? Eh bien la personne que j'étais à 16 ans, je m'en souviens encore très bien. Je me rappelle ses pensées, ses insécurités, ses émotions. Et je peux te dire que, même si j'ai changé de beaucoup de façons, mûri, grandi, à l'intérieur, je suis la même personne. Je sais combien il est rageant quand les adultes ne vous prennent pas au sérieux sous prétexte que vous n'avez pas soufflé assez de bougies, que vous n'avez pas vu assez de printemps, traversé assez de galères, appris assez de leçons.




J'ai vu la vidéo de la NRA (National Rifle Association) le puissant lobby pro-armes, qui tente de convaincre les jeunes que c'est cool c'avoir une arme pour se défendre contre les méchants - et je me sens insultée pour eux, en repensant à la jeune fille que j'étais. C'est vrai, je n'avais pas Twitter, quand j'étais ado, je ne prenais pas de selfie, le monde était moins technologique et il y avait moins de distraction. Avons-nous pour autant le droit de caricaturer tous les jeunes d'aujourd'hui sous prétexte qu'ils grandissent à l'ère des hashtags? Ils ne l'ont pas choisi et ce n'est pas dans leur DNA. Leur DNA est le même qu'il sera dans 10 ans, dans 20 ans. 


En tant qu'ado, ton opinion compte tout autant que celle d'un adulte. Tu es une personne à part entière et tu mérites d'être écouté parce que tu es toi. Si tu es un ado au moment où tu lis ces lignes que ce soit en 2018 ou en 2045, sache que je t'apprécie pour qui tu es. Même quand tu te gourres ou que tu nous exaspères, nous les adultes.

dimanche 11 février 2018

Pourquoi les régimes, ce n'est plus pour moi






Les débuts d'année sont souvent synonymes de régime pour beaucoup de gens. Moi aussi, dans le passé, j'étais concernée par les régimes, et ce non seulement en début d'année. A vrai dire, il y eut une époque où les régimes avaient une réelle emprise sur ma vie et où mon humeur, mes repas et mes conversations dépendaient toutes d'un chiffre sur la balance.

Aujourd'hui, après être passée par plein d'étapes dans ma vie, un trouble du comportement alimentaire, deux grossesses, un changement alimentaire, je suis enfin bien dans mes baskets. Oui, même maintenant que mon bébé n'a que 8 mois, que je n'ai pas encore retrouvé mon ventre plat et que mes vergetures sont encore bien visibles, j'en suis enfin à un point où je peux me regarder dans le miroir sans rien vouloir changer.

Si tu as un peu de temps devant toi, je vais donc t'expliquer pourquoi les choses ont radicalement changé pour moi, depuis mes 15 ans.



Comme je l'ai indiqué plus haut, j'ai eu un trouble du comportement alimentaire étant ado. Je ne vais pas entrer dans les détails - ce n'a pas été dramatique, cela n'a pas duré longtemps, je n'ai pas ressemblé à un squelette. Toujours est-il que j'ai commencé à compter les calories de manière obsessionnelle et qu'une journée durant laquelle j'avais réussi à ne manger que des pommes, c'était une journée réussie. Soit dit en passant, je ne recommande absolument pas la monodiète de pommes - sauf si tu veux finir aux urgences avec des aigreurs d'estomac à ne plus pouvoir te redresser... Comme le savent tous les professionnels de la santé, les régimes sont hautement déconseillés pour toute personne ayant eu un trouble du comportement alimentaire. Trop dangereux, en fait: la pente est raide, et il est facile de glisser à nouveau vers l'obsession. 

Ensuite, il y a le fait que mon corps a changé. Lorsque je suis devenue végétalienne, c'était pour des raisons diverses et variées (je t'en parlerai peut-être un jour, ça risque d'être long!) Mais la santé était une de mes raisons. Quelle surprise ai-je eue quand j'ai constaté que les quelques kilos en trop que je me trimbalais depuis quelques années, à ce moment-là (j'avais tout juste eu 30 ans)  ont fondu tout seul. Comme si mon corps n'attendait que de se débarrasser des protéines et graisses animales pour trouver sa bonne forme. J'ai très vite atteint mon poids idéal, celui où je me sens parfaitement à l'aise avec moi-même. Et ce sans régime.


Et depuis, alors que tant de gens autour de moi pensent que je me prive, j'ai réappris à profiter de la vie. A manger sans la moindre culpabilité. 

Mes deux grossesses ont cependant bien failli remettre en péril l'équilibre que j'avais trouvé. Un gynécologue super par ailleurs, mais un peu trop à cheval sur l'axe de la prise de poids de la femme enceinte, et juste le fait de voir mon corps changer, un peu trop, n'a pas toujours été facile. Puis le fait qu'on vous demande de vous peser régulièrement a représenté un vrai défi: Le défi de ne pas de nouveau me transformer en bourreau de moi-même. 

Ce qui a sauvé la mise, je crois, c'est un changement de perspective, le fait de donner la vie, de me rendre compte combien la course après un chiffre idéal sur la balance n'a aucun sens. Et puis, pendant ma grossesse ainsi que mon allaitement, j'ai développé un rapport plus sain au corps, à ce qui le nourrit, lui donne de la force. Voir la nourriture comme un bien et non comme un mal, comme du carburant et une source de vitalité.



Quand je regarde les jambes potelées de mon bébé, et que je suis contente (comme toutes les mamans) qu'il soit en bonne santé, je me dis combien la recherche d'une silhouette filiforme est absurde. L'essentiel, après tout, c'est d'être en bonne santé et de se sentir bien, non? Etre en forme est infiniment plus important qu'un chiffre sur la balance, pour moi, désormais. Depuis que je fais du yoga et du pilates, je suis plus tonique, mon corps est moins "mou", que jamais auparavant. 

Globalement, même si les cures de jus et des périodes raw food font du bien au corps, les régimes à proprement parler, cela ne m'intéresse vraiment plus. J'ai envie de quelque-chose de soutenable sur la longue durée. Et dans cette optique, l'alimentation végétalienne est idéale pour moi: savoureux mais légers, les plats que je mange au quotidien (comfort foods inclus) me permettent non seulement de vivre en accord avec mes valeurs (dans le domaine de la  nourriture, du moins) mais aussi de garder la ligne sans même y penser et sans me priver. Finies les culpabilisations pour une part de gâteau ou un morceau de chocolat - ça n'existe plus.


Je respecte les personnes qui sont amenées, pour une raison ou une autre, à faire un régime; quant à moi, je ne veux plus jamais compter les calories - je ne sais que trop bien combien ça peut vous gâcher la vie.


dimanche 21 janvier 2018

Comment maintenir une maison (plutôt) rangée

Oui, oui, j'attaque un sujet de ménagère - du moins en apparence! En réalité c'est quelque chose qui me passionne de plus en plus, non pas le ménage, ne t'inquiète pas: mais le fait de pouvoir évoluer dans un environnement propre et rangé. Car quand c'est le cas, je respire, je réfléchis mieux, je fonctionne mieux, je vis mieux.

Je n'ai pas toujours été très organisée et ce n'est que depuis quelques années que je constate que je suis une personne qui range, qui remet les choses à leur place, qui voit  le désordre et essaie d'y remédier au mieux possible. Au vu des bienfaits que cela a pour ma santé mentale, cela vaut déjà largement le coup.

Dans ma tête, c'est souvent un peu un capharnaüm, alors j'ai d'autant plus besoin qu'autour de moi il y ait de l'ordre. Mon mari, c'est un peu le contraire: ordonné dans sa tête, et moins attaché à ce que tout soit pile poil au bon endroit autour de lui. Comme il est plus organisé dans sa tête, les gens présument souvent qu'il a plus le sens de l'ordre que moi. Mais en réalité, à la maison, celle qui tient à ce que tout soit rangé, c'est bien moi. Même si on ne l'aurait pas cru, quand j'étais petite/ado!

Bon, j'aurais tout aussi bien pu appeler cet article "Comment ne pas sombrer dans le chaos total." J'ai un bébé et un enfant en bas âge - il va sans dire que souvent, à la maison, c'est plutôt un amas de jouets, de vêtements (propres ET sales) de vaisselle, de boîtes de carton (parce qu'on achète pratiquement tout sur internet désormais) de restes de nourriture, de bouts de plasteline...

Cependant, j'arrive désormais mieux à maintenir ou à rétablir l'ordre à la maison (du  moins la plupart du temps) et voici quelques astuces qui m'aident au quotidien. Pour le gens super ordonnés de nature, ces astuces tombent certainement sous le sens. Mais peut-être seront-elles tout de même utiles à quelqu'un.


Vider le lave-vaisselle dès le matin

C'est fou comme ça change (presque) tout de s'atteler à cette tâche (qui prend littéralement 5 minutes)  dès le matin. Avant, souvent, je remettais à plus tard et puis, comme le lave-vaisselle était pris, la vaisselle s'entassait dans l'évier, jusqu'à prendre des proportions hallucinantes. Alors que, en commençant par une machine vidée dès le matin, on peut remplir au fur et à mesure et garder un évier dégagé - et une cuisine nettement plus accueillante.



Ne jamais quitter une pièce les mains vides 


Surtout lorsqu'on habite dans une maison, on est tout le temps en train d'aller d'une pièce dans l'autre et d'un étage à l'autre. Même si on n'est pas à proprement parler en train de ranger, à chaque fois qu'on quitte une pièce, pourquoi ne pas emmener avec soi quelque chose qu'on voit traîner? Cette petite habitude évite que les objets s'accumulent et créent du désordre. 


La one-touch-rule

Il n'y a pas beaucoup de sens à faire faire plusieurs escales à tous nos petits et grands objets qui servent au quotidien - si on peut carrément faire un aller-simple en une fois. Donc ne pas mettre d'abord l'assiette sale dans l'évier pour ensuite seulement la placer dans le lave-vaisselle


Dégager les surfaces 

Quand j'ai l'impression que ma maison est encombrée et je ne sais pas trop d'où vient cette impression floue, mon premier réflexe est de vérifier les surfaces (comme l'îlot de la cuisine, le meuble sur lequel est posé la stéréo, l'armoire à chaussures, et la cheminée. Je  résiste d'ailleurs  à l'envie d'avoir un dépôt dans les zones de la maison où il y a beaucoup de passage

Enlever de votre champ de vision tout ce qui ne sert pas dans l'immédiat
(ne serait-ce qu'à la décoration)

Pendant très longtemps, j'aimais faire ce que j'appelle maintenant une exposition permanente - des étalages d'objets juste pour me souvenir que j'avais ces objets à disposition. Cette astuce s'explique toute seule: depuis que j'ai abandonné cette habitude, j'ai nettement moins de désordre dans la maison.

Désigner une place spécifique pour chaque objet

Oui, c'est possible! C'est évidemment plus facile de remettre les choses à leur place si chaque objet à un endroit désigné qui est le sien. Est si cela ne l'est pas, c'est sans doute qu'il y a un problème par rapport an nombre d'objets accumulés (redondants, ou carrément inutiles) 



Réduire le nombre de ses possessions

On peut faire tout ce qu'on veut pour ranger ses affaires, il arrive un moment où il ne s'agit plus que d'un éternel réarrangement d'objets qui, si on est honnête, sont juste trop nombreux. 

Désencombrer ma maison est une des meilleures choses que j'ai pu faire et je renouvelle l'expérience dès que j'en ressens le besoin ou la nécessité.

lundi 8 janvier 2018

Des livres inspirants à écouter en 2018





Le monde de l'audio m'a toujours fascinée, davantage que le domaine du visuel. 


Je suis une lectrice passionnée et tourner les pages d'un bouquin restera toujours l'un des plus grands plaisirs dans la vie pour moi (ajoutez-y une boisson chaude et le doux bruit de la pluie ou d'un orage en fond sonore, et je suis comblée)  Seulement voilà, j'ai moins le temps de m'asseoir avec un bouquin, ces derniers temps, et par conséquent j'ai cherché le moyen de pouvoir écouter des textes de qualité dans les moments de creux - ces moments où j'ai les mains occupées mais l'esprit libre. Ceci permet de découvrir plus de livres en moins de temps, mais aussi d'atténuer le côté frustrant de ces tâches qui vous donnent l'impression que vous n'avez rien fait de votre journée.

De plus, j'ai eu des problèmes avec la vue depuis ma toute petite enfance, ce qui fait, je crois, que je me suis appuyée davantage sur d'autres sens, comme le toucher mais aussi l'écoute. Une statistique que j'ai recherchée pour mon travail m'a appris que nous passons la plus grande partie de notre temps à écouter, beaucoup plus qu'à parler, à lire et à écrire. L'aspect communicatif de l'écoute entre en ligne de compte, évidemment, mais aussi une composante plus nourrissante pour moi qui ai toujours besoin de me ressourcer dans des moments solitaires: l'écoute de livres motivants, inspirants et la découverte du monde des podcasts. Je mentionnerai sûrement ces-derniers sur le blog une fois que je les aurai explorés davantage, mais...pour l'instant, voici donc un article focalisé sur les livres marquants que j'ai écoutés récemment et dont je vous recommande la lecture OU l'écoute pour 2018.


Je me suis rendu compte, de plus, que j'aime les formats audio depuis très longtemps. Est-ce parce qu'étant enfant on aime tellement qu'on nous lise des histoires que finalement, écouter un joli texte, c'est un plaisir sans nom et qui évoque le bonheur, tout simplement? 

Et puis, même une lectrice assidue comme je le suis s'attrape parfois à divaguer pendant la lecture, à avoir du mal à se concentrer. Quand un texte est dit, lu à haute voix, c'est comme s'il s'imprégnait mieux dans ma tête...comme si, ne l'ayant pas devant les yeux, j'étais obligée à m'accrocher à chaque mot, et à ne pas en perdre une miette.

Voici donc une petite liste de livres que vous pouvez trouver en format audio, notamment sur audible.com

Born a crime 

Trevor Noah, c'est un personnage qui m'intrigue beaucoup, très intelligent, un brin malicieux, et infiniment intéressant à écouter au vu de son histoire, mais aussi de par sa personnalité. J'ai écouté l'intégralité de ce livre dans la voiture. Si l'histoire de l'Afrique du Sud et les personnages hauts en couleur vous intéressent, il a définitivement (aussi) été écrit pour vous.

Il y a des lecteurs qui préfèrent se créer leur propre idée de différents personnages dans un livre - écouter ce livre peut y faire obstacle - tout comme voir une pièce de théâtre sur scène vous empêchera de créer votre propre mise en scène dans votre tête à la lecture. Cependant, Trevor Noah étant un comédien bourré de talent et surtout un imitateur d'accents exceptionnel, j'ai pris beaucoup de plaisir à écouter son texte avec les intonations de sa voix - il m'a beaucoup fait rire.


Never Broken

Tous ceux qui me connaissent un tant soi peu savent à quel point la chanteuse Jewel a eu un impact dans ma vie. Au lycée j'embêtais tous ceux qui voulaient ou ne voulaient pas l'entendre avec les paroles de la chanson Foolish Games (qui est toujours ma chanson préférée) La voix qui raconte l'histoire de Never Broken  (celle d'une jeune fille ayant grandi en Alaska et dans la pauvreté) est aussi la voix mélodieuse que vous pourrez découvrir en écoutant les albums de Jewel. C'est juste la meilleure chanteuse au monde (mais oui, je suis très objective) En-dehors de cela, c'est surtout un être humain qui a su tirer des leçons des moments durs de sa vie. Le site Neverbroken.com qu'elle a créé sert à encourager tous ceux qui veulent devenir des êtres humains plus positifs.

Big Magic (Elizabeth Gilbert)

Je te renvoie à cet article publié il y a quelques semaines sur mon blog: Sur les pas d'Ondine: Big Magic (la créativité à portée de main)
Quelle découverte que ce bouquin, que je recommande chaudement à tous les esprits créatifs (sur les bords)

C'était, pour moi, une lecture (puis une écoute) libératrice...c'est un livre que je veux relire encore et encore, dans les moments où je doute de la légitimité de mes activités créatives, dans ces moments où la peur prend le pas sur le désir de créer et où j'oublie la présence mon "pouvoir magique".

5 second rule  (Mel Robbins)

Encore un de ces bouquins universellement utiles...et qui t'offrent plein de prises de conscientes en cours de lecture/d'écoute.

Grâce à ce bouquin, je décroche plus souvent le téléphone au lieu de remettre un appel à plus tard, je surmonte mieux mes hésitations, je ne me perds plus autant dans le flou et me dirige plus facilement vers l'action concrète.

Et puis, gros pansement pour tous ceux qui procrastinent (remettent à plus tard): il s'avère qu'on n'est pas des paresseux, mais qu'on essaie juste d'éviter le stress. Une fois qu'on déculpabilise, le cercle vicieux est rompu, et on découvre le bien que cela fait de faire de suite. Et de se débarrasser de son stress en même temps.

The Miracle Morning

Je te renvoie à cet article Sur les pas d'Ondine: La vie de mes rêves ("The Miracle morning" par Hal Elrod) et t'encourage vivement à lire ou à écouter ce livre - et à rejoindre le mouvement!

Year of Yes

Au cours de ma vie j'ai peu à peu appris à dire "non" davantage - à ne pas me surcharger, à ne pas essayer de plaire à tout le monde. Paradoxalement, en même temps, j'ai aussi appris à dire un grand OUI dans les bons moments - et à me laisser surprendre un peu plus, chaque année.

Shonda Rimes est la créatrice de séries comme Grey's Anatomy et Scandal, un personnage immense dans le monde de la télé, personne timide et peureuse dans la réalité. En tout cas, elle l'était, dans le passé. Depuis, elle a écrit Year of Yes, et a vécu un tournant dans sa vie. La lecture de ce livre (que j'ai lu avant de connaître les livres audio) a certainement marqué un tournant pour moi.

The Universe has your back

Ce livre de Gabrielle Bernstein est un bon exemple du type de lecture philosophique et spirituelle qui me parle énormément en ce moment. Ce qui me plaît sans doute le plus, c'est que c'est le genre de livre dont l'approche est compatible avec toutes les religions, toutes les philosophies - que vous croyiez en un Dieu ou non. Il s'agit dans ce livre juste d'apprendre à lâcher prise, à avoir confiance, à croire, au sens absolu de ce terme.

samedi 2 décembre 2017

Big Magic (la créativité à portée de main)




Rares sont les livres que je recommanderais à toutes les personnes que je connais sans exception. Big Magic fait partie de ces livres-là. Le genre de magie qu’il aborde n’a rien à voir avec des lapins tirés d’un chapeau: Il parle de créativité, de chances à saisir, de potentiel à explorer. 

Elizabeth Gilbert, auteur de Eat Pray Love, raconte entre autres ici l’histoire d’une idée qu’elle a eue, en proie à l’inspiration, puis qu’elle a perdue, d’un livre projeté mais finalement jamais écrit. Un livre qui a ensuite été écrit par une autre. Et des conclusions qu’elle a tirées de cette expérience. Comme beaucoup d'événements dans la vie, cet épisode montre lui aussi que dans une existence, presque tout dépend de notre perception des choses. En effet, Elisabeth aurait largement pu avoir une réaction négative à cette étonnante coïncidence (deux écrivains ayant la même idée de roman, presque pile poil, presqu'au même moment):  Eh voilà, une autre a volé mon idée! ça montre bien que je n’ai pas de chance, je suis nul, je n’arrive jamais à rien mener à bout etc. Or, en réalité, sa réaction ressemblait à peu près à ceci: Mais c’est fascinant! Je ne me doutais pas que les idées existent indépendamment de nous, créateurs, qu’elles migrent en plus, qu’elles peuvent se matérialiser dans un cerveau comme dans un autre! » 

Ce sont deux réactions diamétralement opposées et qui sont pourtant toutes les deux des réactions possibles…entre les deux, je crois que c’est la première qui est la plus fréquente et probablement la plus logique, au vu de la nature humaine et de sa tendance à être négative. A bien y réfléchir, pourtant, la « déception » qui est arrivée à Elisabeth par rapport à son projet de livre n’en est une que si elle est perçue en tant que telleElle a choisi de voir les choses différemment. Tout comme elle a choisi, un jour, de ne pas laisser la peur gagner, de créer sans se laisser vaincre par les doutes et les craintes (Quelqu’un va-t-il me lire un jour? Que vont penser mes proches de mes textes? Je n’ai pas assez de talent…etc.) 

D’après elle, nous pouvons tous être des créateurs et créatrices si nous ne laissons pas la peur gagner. Voilà ce qu’elle écrit au début de son livre: 

"Dearest Fear: Creativity and I are about to go on a  road trip together. I understand you'll be joining us, because you always do. I acknowledge that you believe you have an important job in my life, and that you take your job seriously.  (...) and may I say, you are superb at your job. There is plenty of room in this vehicle for all of us, so make yourself at home, but understand this: Creativity and I are the only ones that are going to be  making any decisions along the way. You're allowed to have a seat, and you're allowed to have a voice, but you're not allowed to have a voice. (...) Dude,you're not even allowed to touch the radio. But above all else, my dear old familiar friend, you are absolutely forbidden to drive." 

En résumé, elle s'adresse à la peur qui l'a accompagnée toute sa vie durant - et en particulier dans les moments créatifs - pour lui dire, gentiment, que même si elle (la peur) sera sans doute toujours de la partie quoi qu'elle entreprenne, ce n'est pas la peur qui aura le dernier mot, ou même qui aura son mot à dire: "La créativité et moi (la créatrice) serons les seules à avoir voix au chapitre."

Ce qu'elle a découvert, en cours de route, c'est la magie de la création. Tout au long de cette incroyable oeuvre de non-fiction, Elizabeth Gilbert explore toutes les facettes de cette prise de conscience époustouflante: tout ce que nous voudrions créer est à notre portée, juste là - et si seulement nous nous en rendons compte, nous le touchons déjà du doigt. D'ailleurs, d'après l'auteur, si on veut être un artiste, intégrer la créativité à notre vie sans plus jamais l’abandonner, cela ne veut pas dire qu’on doit changer de métier, laisser tomber son gagne-pain, essayer d"être un artiste" à temps plein. L'art et la créativité peuvent irradier toute une existence, quelle que soit notre activité professionnelle. L'auteur passe en revue mille et une facettes du processus créatif, de ses revers, raconte une panoplie d'anecdotes palpitantes, et toujours, toujours, s'exprime avec passion au sujet d'une créativité sans frein, sans gêne. Je ne peux pas recommander ce livre assez chaudement. Il est aussi disponible en version audio (lue par l'auteur elle-même).








dimanche 5 novembre 2017

Mes modèles littéraires





Oui, oui, je n'ai pas de honte à l'admettre: ce sont un peu mes héros (et héroïnes!) Et je ne suis pas le moins du monde gênée à avouer que, pour moi, ces personnes sont de véritables amis, que je rencontre aussi régulièrement que je peux. Ce sont eux qui me motivent, qui m'inspirent, qui me donnent du courage...et, paradoxalement, la qualité de leurs textes, au lieu de me faire prendre conscience de la médiocrité de mes propres brouillons et premiers jets, n'est qu'un aiguillon, un catalyseur de créativité. Car ces textes, s'ils existent, c'est bien que quelqu'un les a tirés de son imaginaire, c'est-à-dire, de nulle part. Cela veut dire que la magie existe, qu'elle opère dans les bouquins et que je peux moi aussi être magicienne.



Alice Munro

Merci, Alice Munro, de m'avoir montré que les short stories comme je les ai toujours rêvées, ça existe. Qu'il n'y a pas de honte, pour un écrivain, à n'écrire que "du court". J'adore la densité d'un texte qui va à l'essentiel, et laisse de côté tout le reste. Je suis admirative devant les cerveaux scientifiques qui savent tout découper au scalpel, cependant, n'ayant moi-même pas un esprit très analytique, je me retrouve plus dans la synthèse, c'est quelque chose qui me parle vraiment, que je trouve poétique et inspirant.
Les recueils de nouvelles d'Alice Munro renferment plus de cohérence interne que bien des romans - tout se tient, tout est beau même quand rien ne l'est - et il n'y a pas une seule syllabe ent trop.


Jonathan Franzen

Difficile d'aimer davantage un auteur quand c'est lui qui m'a montré que, heureusement, les vrais auteurs existent encore. Ceux qui se plongent corps et âme dans l'écriture d'un roman, qui écrivent des oeuvres à la fois contemporaines et intemporelles, qui mettent la langue dans laquelle ils écrivent au service de l'histoire qu'ils racontent, qui ne restent pas à la surface. J'aime, à mon tour, plonger dans ces romans, bien qu'après une telle lecture, bien des oeuvres paraissent fades et superficielles en comparaison.

Ces personnages sont de VRAIS personnages, pas de ces créatures qui tiennent à peine sur le papier et sont encore moins imaginables dans la vraie vie. Pip, Tom, Anabel (Purity) Walter et Patty (Freedom), Denise, Gary et Chip ( Corrections) j'ai l'impression de les connaître, vraiment. Cette capacité à insuffler la vie à des personnages inventés de toutes pièces me fait penser à Balzac et à ce professeur qui, lorsqu'il avait passé trop de temps plongé dans un roman de la Comédie humaine, aurait juré avoir croisé Rastignac ou au coin d'une rue.

Les écrivains contemporains que j'admire sont bien rares, mais c'est une joie d'autant plus intense de les découvrir au milieu d'un paysage littéraire parfois bien décevant.


Marcel Proust

Pour moi, le plaisir de lire est infiniment supérieur à celui de dire "j'ai lu". Bien sûr, c'est important de se cultiver, de s'ouvrir à de nouveaux horizons, de s'instruire grâce à la lecture. Mais le "j'ai lu", dans le monde de la lecture, prend trop souvent le pas sur le "je lis".

Cette petite intro sert à te dire que je lis Marcel Proust depuis mes 18 ans, et que je prends mon temps.

Je me souviens de ma dernière année de lycée, quand mes camarades de classe s'amusaient à dessiner une cible sur le tableau noir et à tracer les mots "Tirez sur le Proust!" à la craie - pour ensuite s'exécuter en jetant des éponges sur la pauvre cible. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Proust n'était pas vraiment aimé de mes camarades de classe. Heureusement, plus tard, j'ai pu faire la connaissance d'autres proustiens inconditionnels, comme moi!

Certes, Proust fait de longues phrases, certes, il peut parler pendant des pages du goût d'un morceau de madeleine trempé dans du tilleul mais - qu'est-ce qu'il excelle à cerner la complexité de l'être humain, les relations entre les personnes, les fluctuations entre les différentes couches de la société!

Proust, par certains côtés, c'est l'écrivain que j'admire le plus (la Recherche du temps perdu, de par son envergure et de par sa perfection, est juste complètement dingue) mais c'est celui que je n'aimerais jamais être. Il a, à un certain moment de sa vie, remplacé sa vie par son écriture, s'enfermant dans une pièce insonorisée dont il ne sortait plus que pour les besoins de son art. Je suis complètement amoureuse de la littérature depuis très longtemps mais - jamais je ne sacrifierais ma vie entière pour l'écriture d'une oeuvre.

Quoi qu'il en soit, j'espère bien que la Recherche m'accompagnera encore longtemps - je sais qu'elle me réserve encore des tas de beaux moments de lecture!

"La lecture est une amitié."

Marcel Proust

Une partie 2 de cet article suivra sûrement ... même si j'évoque ici des auteurs que j'admire énormément, je suis loin d'avoir fait le tour de tous mes modèles littéraires. 



lundi 18 septembre 2017

Des trésors dans ma cuisine



Il y a une question que me fille me pose pratiquement tous les jours, au moment où je lui donne à manger ou alors lorsque nous nous apprêtons à cuisiner ensemble: "Il y a quoi dedans?" J'aime à penser qu'elle a hérité de ma passion pour la cuisine et s'enthousiasme pour tous les ingrédients que recèlent mes armoires. Elle adore énumérer les ingrédients d'une recette et même me rappeler si j'ai "oublié" d'ajouter ceci ou cela. Ce dont je suis convaincue en tout cas, génétique à part, c'est qu'elle doit remarquer mon engouement et qu'il est quelque peu contagieux!

Ma fille aînée a 3 ans et c'est vrai qu'à travers elle, depuis 1 à 2 ans, je vois tout avec des yeux différents. Je vois les plats qu'elle apprécie, j'écoute les questions qu'elle me pose, j'essaie d'accompagner ses découvertes culinaires. Certes, elle a 3 ans, et elle aime aussi les frites, les glaces, et les biscuits, comme tous les enfants. Et elle a le droit de goûter à tout, en-dehors de la maison (nous avons juste fait le choix d'attendre avant de lui laisser essayer de la viande, pour qu'elle soit en âge de comprendre ce qu'elle mange) Mais à côté elle adore les nouilles au seitan ou encore les casseroles aux lentilles et aux noix, la quiche au tofu fumé ou encore les crêpes coco-banane. Et en parlant d'ingrédients, elle est habituée aux graines de chia et aux baies de goji qu'elle mange comme des bonbons.

Je suis passionnée de cuisine depuis belle lurette maintenant, mais ce n'est que quand j'ai adopté une alimentation plant-based que mon imagination culinaire s'est décuplée et que j'ai commencé à réellement m'épanouir derrière les fourneaux. Pour ceux que ça intéresse, voici le lien de mon article de conseils pour une alimentation végétalienneSur les pas d'Ondine: Conseils pour une alimentation végétalienne J'aime à considérer la richesse du monde végétal et les bénéfices que je peux en tirer comme si les produits d'origine animale n'existaient pas. D'ailleurs, pour moi, c'est tout comme, puisqu'il ne s'agit pas (plus!) d'aliments à mes yeux. A noter cependant que je me réserve le droit de reprendre et véganiser des plats (comme le Shepherd's pie qu'on adore à la maison) que j'apprécie pour leur alliage de textures ou de types de saveurs.

Après des années d'expérimentation avec des recettes végétales, j'ai fini par acquérir une certaine aisance dans la cuisine, je me laisse encore et encore inspirer par mes livres de recettes préférés (mes 'auteurs' préférés étant Angela Liddon du blog Ohsheglows, Chloe Coscarelli - gagnante des Cupcake wars - Isa Chandra Moskovitz du site "culte" Postpunkkitchen, Marie Laforêt et quelques autres)

Revenons-en au sujet de cet article: le contenu de mes placards, les ingrédients que j'utilise, jour après jour, depuis maintenant un peu plus de 5 ans, sans m'en lasser. Mais, d'abord, un retour en arrière.


flashback: hiver-printemps 2017, je suis enceinte de ma deuxième fille

 Etant enceinte, la nourriture représente beaucoup pour moi en ce moment - encore plus que d'habitude! Alors que déjà à la base je me passionne pour la cuisine et l'alimentation, pendant ma grossesse cela vire quasiment à l'obsession.  J'ai besoin en permanence de remplir mon frigo, de réarranger toutes mes petites jarres, de planifier des repas, puis de changer d'avis, dix fois.

Alors que je suis en train de préparer plein de petits plats à congeler pour après la naissance de mon bébé, je me rends compte une nouvelle fois combien j'aime le fait-maison (qui prend beaucoup moins de temps que les gens pensent) 

Retour vers le moment présent: Finalement, je me lasse vite des plats commandés et autres take-away et une fois les réserves du congélateur épuisées, je retrouve avec plaisirs mes casseroles et je cuisine des petits plats, je prépare des sauces, des smoothies, des quiches et j'en passe, dès que bébé fait dodo. Je ne peux pas m'en passer, c'est une façon d'être créative et de mettre en même temps en pratique des principes à la fois éthiques et de santé.

J'emmène d'ailleurs toujours mon Nutribullet avec moi quand je voyage; c'est un peu comme si j'avais une cuisine de poche avec moi (cet engin qui a l'air d'un mini-blender est super-pratique et multi-usage)

Ma grossesse, la période post-naissance et puis nos voyages récents m'ont donné envie d'écrire enfin cet article dont l'idée me travaillait déjà depuis un moment.

Ce que je mange dans une journée: en commençant par le petit déjeuner
Dans mon article de conseils sur l'alimentation végétalienne, j'avais évoqué des catégories d'ingrédients. J'aimerais ici, plutôt, ouvrir une petite fenêtre sur mon alimentation de tous les jours pour montrer de manière concrète comment je me sers des végétaux au quotidien pour bien manger. D'une manière générale, je maintiens une aussi grande variété que possible, en incluant beaucoup d'aliments différents et en essayant de toujours composer des assiettes multicolores. Je constate souvent que je mange beaucoup plus varié que quand j'étais omnivore, et mes assiettes sont nettement plus jolies! J'aime à m'inspirer de différentes cuisines et trouver de nouvelles combinaisons tout le temps.

Petit déjeuner
En ce moment, je suis obsédée par les smoothie bowls, tellement faciles à faire, tellement bourrés en nutriments et tellement savoureux! Tapez les mots "smoothie bowl" dans Google images et vous allez voir...les croissants et baguettes n'arrivent pas à la cheville de ce type de petit déjeuner à mon avis! 


 Le smoothie à base de fruits frais, purée d'amande ou de noix, graines de chanvre, lait végétal, vanille/sirop d'érable (ajout optionnel: quelques feuilles d'épinards) - parfois je le fais au chocolat en ajoutant de la poudre de cacao ou alors façon crème glacée en ajoutant des bananes congelées dans le blender. Petit tuyau pour gagner du temps (même si déjà à la base c'est rapide, la préparation d'un smoothie): mettre dans le congélateur des petits sachets contenant chacun tous les ingrédients pour un smoothie- et au moment de préparer votre smoothie, vous n'avez plus qu'à verser les contenus du sachet dans votre blender et tout mixer.

J'aime ajouter du granola dans mon smoothie bol: je le prépare le plus souvent possible moi-même (je fais des plus grandes quantités à l'avance) en mélangeant des céréales avec des graines et des noix (et, là aussi, parfois je fais la version chocolat), j'y verse quelques cuillères d'huile de coco fondue, quelques cuillères de sirop d'érable, un peu de cannelle...je mets le tout au four pendant une demi-heure en remuant de temps en temps - et le tour est joué. Alors qu'en hiver, j'aime bien manger des flocons d'avoine classiques cuits à la poêle, en été je prépare plutôt ce qu'on appelle overnight oats, c'est-à-dire des flocons d'avoine que je fais tremper dans du lait d'amande (dans une jarre en verre de préférence) avec des graines de chia, de la vanille et du sirop d'érable au frigo pendant la nuit.

Le weekend, je fais très souvent des crêpes, les possibilités sont infinies: crêpes aux pommes et à la cannelle, crêpes banane-coco, crêpes épaisses aux fruits rouges...  Je partage ici une recette de crêpes aux myrtilles - on peut aussi ajouter des pépites de chocolat-selon Chloe Coscarelli: https://awakenedvegan.wordpress.com/2012/08/29/blueberry-pancakes-for-dinner-sure-why-not/


Déjeuner/Dîner

A la maison, les déjeuners et dîners sont, à vrai dire, un peu échangeables, puisqu'on ne mange pas forcément différemment à midi que le soir et que ça dépend plutôt des envies de chacun et du degré de faim aussi! 

Je vais simplement donner ici 10 idées de plats que j'affectionne particulièrement et qui reviennent, avec des variantes, dans notre rotation régulière. Bien que j'indique pour la plupart des plats une recette particulière, il existe des variantes multiples sur internet de ces plats fétiches de la cuisine végétale - et si on est féru de cuisine, on peut carrément improviser!

J'ai choisi plutôt des repas du style comfort food et majoritairement des plats que j'ai tendance à cuisiner en automne-hiver-mais pas uniquement!


Chili aux légumes et aux haricots rouges, avec crème de noix de cajou, avocat, riz complet - voir deux recettes: du blog PostPunkKitchen http://www.isachandra.com/2010/12/red-lentil-thai-chili/
 et du blog Ohsheglows http://ohsheglows.com/2014/02/05/my-favourite-vegan-chili-with-homemade-sour-cream/

Korma aux légumes (plat indien): d'après une recette d'Isa Chandra Moskovitz http://www.isachandra.com/2010/11/cashew-vegetable-korma/

Soupe aux lentilles: 
Soupe aux lentilles vertes et à l'estragon https://recipes.sparkpeople.com/recipe-detail.asp?recipe=1559943 
Soupe aux lentilles corail (comfort food par excellence) http://ohsheglows.com/2016/04/03/glowing-spiced-lentil-soup/
ou alors la soupe aux légumes mixés avec une poignée de lentilles corail et un demi-citron pressé (sans recette particulière)


Seitan Stroganoff-une sauce crémeuse au seitan et aux champignons: http://www.isachandra.com/2008/10/1010/

Quiche au tofu- voici deux variantes: l'une du blog Ohsheglows (quiche champions-épinards): http://ohsheglows.com/2013/08/27/sun-dried-tomato-mushroom-and-spinach-tofu-quiche/
pour gagner du temps, on peut simplement utiliser une pâte brisée toute prête
l'autre 'façon lorraine': https://www.youtube.com/watch?v=b2FXLj09aIg

Burger aux pois chiches, hummus-avocat, sauce tahini, et patates douces au four (d'après la recette de Chloe Coscarelli http://healthyliving.trcc.org/recipes/falafel-sliders-with-avocado-hummus

Shepherd's Pie aux lentilles et aux noix (d'après la recette de Niomi Smart dans son livre Eat Smart) Je n'ai pas trouvé la recette en ligne mais j'ai découvert récemment que Jamie Oliver, cuisinier en chef, a créé lui aussi une recette de Shepherd's Pie végétal que j'ai hâte d'essayer! Je partage le lien ici:http://www.jamieoliver.com/recipes/vegetables-recipes/vegan-shepherd-s-pie/

Fried rice (avec mango/ananas/clémentine): http://www.isachandra.com/2012/02/mango-fried-rice/


Fettucine Alfredo / pâtes à la sauce aux noix de cajou (option: avec courge butternut dans la sauce)  - un grand favori de la cuisine végane, je recommande cette recette de Miyoko Schinner pour la version simple https://www.youtube.com/watch?v=Yu7_z96RKCw&t=186s
ainsi que la recette un peu plus sophistiquée d'Isa Chandra (avec miso blanc et courge) http://www.isachandra.com/2012/10/roasted-butternut-alfredo/

Et finalement, les Lasagne, mon plat préféré de tous les temps! cuisiné encore et encore pour des amis dans le passé, et j'aime encore plus la version végétale:
bolognese au seitan, tofu façon ricotta avec basilic
Voici une recette de Chloe Coscarelli http://www.thehippyhomemaker.com/there-is-no-way-that-lasagna-was-vegan-just-no-way/
Il y en a une autre comportant du seitan émincé dans son livre de cuisine italienne (pas disponible sur internet pour le moment)
Mais à vrai dire, quand je fais des lasagne, je  mélange un peu toutes les astuces différentes que je pioche dans différentes recettes, pour arriver à un méli-mélo de toutes les saveurs que je préfère!

Et oui, j'ajoute aussi du parmesan végétal, que je fais en 5 minutes en écrasant une demi-tasse de noix dans un blender puis en y ajoutant une pincée de sel et une cuillère de levure maltée.

Une bonne ration de céréales complètes (riz, couscous, quinoa, millet...) ainsi qu'une grande salade complètent beaucoup de mes repas.


Recommandation:


J'ai été ravie de tomber, récemment, sur la chaîne youtube Pick Up Limes. Sadia est une diététicienne nutritionniste végétalienne qui propose un contenu toujours de qualité, informatif, esthétique, qui met l'eau à la bouche. Elle est souriante, bienveillante, ne juge pas ceux qui s'alimentent différemment, propose juste des conseils. Elle est un exemple pour moi et même si je m'y connais plutôt bien en matière de nutrition après toutes les lectures que j'ai faites, elle m'apprend de nouvelles choses et fait partie des personnes qui font que je m'enthousiasme encore plus des trèsors de ma cuisine et de tout ce que je peux en tirer.


dimanche 3 septembre 2017

Minimalisme: où j'en suis



Je m'intéresse depuis un moment au mouvement minimaliste (Sur les pas d'Ondine: Feng Shui-comment j'ai tenté de désencombrer ma vie)- ce mouvement répond sans doute, à la façon d'un pendule, au consumérisme auquel notre société est vouée depuis si longtemps. L'un appelle l'autre, en quelque sorte: plus nous nous sentons envahis de toute part par le shopping, les possibilités infinies, l'accumulation d'objets, plus naît cette soif d'épuration, de réduction, de simplicité. Réduire le nombre de choix, de décisions à prendre,  et par extension de préoccupations.

Des études confirment ce que j'ai pu constater dans ma propre vie et autour de moi: le surplus d'objets crée du stress et même de la dépression. Etre entouré de plein de choses inutiles qui nous encombrent et nous forcent à rester enlisés dans notre passé et dans nos vieilles habitudes, c'est l'opposé d'une clé pour le bonheur.

Le moment précis où j'ai pris conscience des bienfaits d'un certain minimalisme, c'était lorsqu'un jour, presque spontanément, j'ai décidé de réduire considérablement la taille de ma bibliothèque. Activité contre-intuitive s'il en est pour le rat de bibliothèque que je suis:  moi qui courais toujours les bouquinistes, les marchands de vieux livres, et qui jusqu'à aujourd'hui ne peux pas résister à la compulsion d'acheter tel nouveau roman de tel auteur que j'affectionne, le coeur battant...eh bien, oui, malgré tout cela, j'ai constaté que le fait de réduire l'ensemble de ma bibliothèque à l'essentiel (et donc me défaire d'innombrables cartons remplis de livres dont je me séparais - pour les revendre ou les donner) cela m'a procuré une clarté folle et complètement inattendue.

Ce jour-là, mon regard embrassait les étagères désormais dépouillées du superflu, et soudain, j'ai eu l'idée d'écrire un de mes premiers "vrais" articles sur le blog (La littérature contemporaine ou: comment revenir de ses préjugés) Cet article est né de la clarté apportée par la simplification que d'aucuns appellent minimalisme.


J'aurai toujours le souffle coupé à mettre les mains sur un nouveau livre, à découvrir un nouvel auteur. Feuilleter un livre, c'est un des plus grands plaisirs qui soit pour moi. Mais je me réserverai toujours le droit de me séparer d'un livre - de le faire passer à quelqu'un d'autre qui l'apprécie plus que moi, d'arriver à reconnaître quand un livre a fini de jouer son rôle - et ne garder que mes essentiels.

J'applique désormais ce principe à tous les domaines de ma vie.

Ceci dit, il n'empêche que je suis toujours très loin d'être une minimaliste. Tout d'abord parce que, comme la plupart des personnes de mon entourage, vivant dans un pays riche, j'ai énormément de possessions et beaucoup d'entre elles sont largement inutiles. Personne n'a besoin d'un grand écran plat, d'une voiture qui coûte cher, et de plus de vêtements qu'on pourrait porter en 6 mois. Et de tout un tas d'autres objets qui, si on les considérait du point de vue d'une personne pauvre vivant dans une petite cabane quelque part dans le Tiers Monde, ou encore du point de vue d'un SDF, ne pourraient être qualifiés que de luxe. Les gens qui, réellement, n'ont que le minium absolu pour vivre auraient sans doute beaucoup de mal à comprendre notre "minimalisme"!

Mon but, ce n'est justement pas de vivre avec le minimum. J'ai la chance de ne pas être forcée à me contenter de ce minimum, j'ai une grande maison, je suis très consciente d'être chanceuse, et, comme la plupart des gens dans ma situation, je mets à profit mon pouvoir d'achat: nous travaillons, mon mari et moi, nous gagnons de l'argent, et nous le dépensons (la plupart du temps de façon plutôt raisonnable)  Seulement... il arrive un moment où avoir plus et plus n'augmente pas le degré du bonheur. Une fois que les besoins de base sont assouvis, on risque très vite de se créer une cage dorée à force d'accumuler.

Il y a une autre très bonne raison pour laquelle ne ne peux certainement pas être vue comme minimaliste: comme le sait toute personne ayant des enfants, minimalisme et progéniture ne font pas très bon ménage. Est-ce peut-être parce que les enfants sont synonymes de vie, d'abondance, de débordement? ou alors parce que, lors même que je travaille à réduire mes propres possessions et à ne plus être attirée dans les pièges du marketing, notamment en ce qui concerne l'achat de vêtements, quand il s'agit de mes enfants, c'est une autre histoire: Je me vois mal mettre en place une capsule wardrobe  pour ma fille, tant j'aime à varier ce que je lui mets. C'est sans doute une faiblesse de ma part, et les vrais minimalistes y verraient sans doute une tare, mais vu que toutes les nouvelles habitudes que j'adopte servent surtout à me rendre plus heureuse, moi et aussi mes proches, cette petite/grande concession ne me pose aucun problème. Je pourrai sans doute retourner plus tard à un minimalisme plus "strict" - quand ma maison ressemblera de nouveau plus à un oasis et moins à un zoo (oui oui, même sans avoir d'animaux à la maison, un domicile où vivent des enfants ressemble toujours un peu à une ménagerie)

Ce qui est sûr, c'est que la phase de questionnement dans laquelle je me trouve depuis un moment a déjà porté ses fruits et que je ne verrai plus jamais les possessions matérielles du même oeil qu'il y a 5 ou 10 ans. Certes, j'ai parfois besoin d'une piqûre de rappel, je retombe, moi aussi, dans d'anciens mécanismes - les vieux réflexes shopping sont parfois tenaces - la grande machine appelée consumérisme est bien huilée et tient à sa survie! Mais je suis beaucoup plus consciente, désormais, que pour être vraiment heureuse, ce ne sont pas les faux besoins créés par les commerces qui devraient diriger mes choix.

Quelques questions utiles que je me pose souvent désormais: Est-ce que j'achèterais cet objet s'il n'était pas soldé? Est-ce que je le vois comme allant avec ma garderobe/ma maison/les autres objets de la même catégorie que je possède déjà etc. Est-ce que j'ai déjà un doublon? Est-ce un objet qui m'apportera encore de la joie dans 1, 2, 5 ans?

Qu'il s'agisse de livres, de vêtements ou de toute autre catégorie d'objets, dès que je vois que je n'ai plus de vue d'ensemble, que je me trouve dans un magasin et que je ne sais plus si je possède déjà un t-shirt dans le même genre et la même couleur, je m'oblige à m'arrêter, je me dis "stop". Quand je vais faire les magasins, j'essaie de le faire, désormais, seulement si je cherche quelque chose de précis (un nouveau jean, par exemple) et en étant très consciente de tout ce que j'ai déjà (un inventaire rapide des contenus de son dressing avant une séance de shopping n'est pas une mauvaise idée!)

La grossesse a pour moi (une nouvelle fois!) compliqué les choses: J'ai en fait deux garderobes en une, les vêtement de grossesse et d'allaitement d'une part, les vêtement ordinaires de l'autre. Entre cela et le fait d'essayer de rentrer de nouveau dans ses vêtements d'avant tout en continuant à allaiter, j'ai parfois du mal à m'y retrouver. Quelques semaines après avoir accouché, je me suis promenée en ville en pleine période de soldes, et j'avoue que je me suis de nouveau sentie attirée par les magasins, les pancartes, les promesses... tellement j'avais envie de nouveau me sentir comme un être humain. C'est bien sûr ce sur lequel capitalisent les magasins, ce sentiment procuré par l'achat d'un nouveau vêtement qui vous fait sentir un peu comme une nouvelle personne. Or, bien sûr, c'est un sentiment qui ne dure pas et on se rend compte bien vite que rien n'a changé.

Je ne me range dans aucune case, ni minimaliste, ni autre, mais je peux dire que ma nouvelle devise c'est: simplifier, simplifier et encore simplifier. J'essaie d'appliquer ce principe également à ma cuisine d'où sont en train de disparaître tous les outils qui: a. ne me servent quasi jamais b. sont redondants c. peuvent facilement être remplacés par un outil multi-usage.

Ce que j'aime également beaucoup dans le mouvement minimaliste, c'est la manière dont les maisons ou appartements sont épurés du point de vue esthétique: on oublie les tonnes de décorations, les bibelots déposés sur les meubles, les tableaux et photos par dizaines sur les murs.  Là aussi, j'aime beaucoup, désormais, simplifier (au grand soulagement de mon mari qui autrefois "souffrait" en silence de mes décorations encombrantes) Le regard peut aisément glisser sur les surfaces de meubles ainsi que sur les murs - les pièces dégagent ainsi un côté zen et paraissent même plus grandes qu'elle ne le sont.

Là où je vois également une grande différence maintenant par rapport à autrefois, c'est quand je voyage: avant, j'achetais des cartes postales que je collectionnais, partout où j'allais, comme si je voulais contenir tous les lieux visités pour ne pas les perdre. Ou je rapportais des petits bibelots, ces soi-disant "souvenirs", de mes voyages - pour me rendre compte très vite, toujours, que ces objets n'avaient pas leur place chez moi, que j'avais juste voulu prolonger quelque chose qui avait pris fin, en essayant de l'intégrer à mon quotidien. Alors qu'en réalité, les "souvenirs" étaient dans ma tête, pas dans des objets inutiles et souvent un peu ridicules même.

Finalement, j'ai aussi changé d'attitude par rapport à tout ce qui est cadeaux, souvenirs, et objets sentimentaux. La prise de conscience que j'ai eue est la suivante: si le souvenir auquel je suis attachée est vraiment si fort, il n'y a pas besoin d'un objet pour me le rappeler. Si en revanche sans cet objet je l'oublie, c'est qu'il ne valait pas trop la pein d'être retenu. Et puis, j'aime tellement être dans le moment présent, que vouloir toujours se raccrocher au passé est un peu un écueil à éviter. On garde tellement d'objets par nostalgie, mais aussi à cause d'un vague sentiment de culpabilité - tout cela, je voudrais m'en libérer, car, au risque d'offenser, de ne pas être comprise, la liberté de  ne garder que ce qui nous cause vraiment de la joie, cela n'a pas de prix.