dimanche 5 novembre 2017

Mes modèles littéraires





Oui, oui, je n'ai pas de honte à l'admettre: ce sont un peu mes héros (et héroïnes!) Et je ne suis pas le moins du monde gênée à avouer que, pour moi, ces personnes sont de véritables amis, que je rencontre aussi régulièrement que je peux. Ce sont eux qui me motivent, qui m'inspirent, qui me donnent du courage...et, paradoxalement, la qualité de leurs textes, au lieu de me faire prendre conscience de la médiocrité de mes propres brouillons et premiers jets, n'est qu'un aiguillon, un catalyseur de créativité. Car ces textes, s'ils existent, c'est bien que quelqu'un les a tirés de son imaginaire, c'est-à-dire, de nulle part. Cela veut dire que la magie existe, qu'elle opère dans les bouquins et que je peux moi aussi être magicienne.



Alice Munro

Merci, Alice Munro, de m'avoir montré que les short stories comme je les ai toujours rêvées, ça existe. Qu'il n'y a pas de honte, pour un écrivain, à n'écrire que "du court". J'adore la densité d'un texte qui va à l'essentiel, et laisse de côté tout le reste. Je suis admirative devant les cerveaux scientifiques qui savent tout découper au scalpel, cependant, n'ayant moi-même pas un esprit très analytique, je me retrouve plus dans la synthèse, c'est quelque chose qui me parle vraiment, que je trouve poétique et inspirant.
Les recueils de nouvelles d'Alice Munro renferment plus de cohérence interne que bien des romans - tout se tient, tout est beau même quand rien ne l'est - et il n'y a pas une seule syllabe ent trop.


Jonathan Franzen

Difficile d'aimer davantage un auteur quand c'est lui qui m'a montré que, heureusement, les vrais auteurs existent encore. Ceux qui se plongent corps et âme dans l'écriture d'un roman, qui écrivent des oeuvres à la fois contemporaines et intemporelles, qui mettent la langue dans laquelle ils écrivent au service de l'histoire qu'ils racontent, qui ne restent pas à la surface. J'aime, à mon tour, plonger dans ces romans, bien qu'après une telle lecture, bien des oeuvres paraissent fades et superficielles en comparaison.

Ces personnages sont de VRAIS personnages, pas de ces créatures qui tiennent à peine sur le papier et sont encore moins imaginables dans la vraie vie. Pip, Tom, Anabel (Purity) Walter et Patty (Freedom), Denise, Gary et Chip ( Corrections) j'ai l'impression de les connaître, vraiment. Cette capacité à insuffler la vie à des personnages inventés de toutes pièces me fait penser à Balzac et à ce professeur qui, lorsqu'il avait passé trop de temps plongé dans un roman de la Comédie humaine, aurait juré avoir croisé Rastignac ou au coin d'une rue.

Les écrivains contemporains que j'admire sont bien rares, mais c'est une joie d'autant plus intense de les découvrir au milieu d'un paysage littéraire parfois bien décevant.


Marcel Proust

Pour moi, le plaisir de lire est infiniment supérieur à celui de dire "j'ai lu". Bien sûr, c'est important de se cultiver, de s'ouvrir à de nouveaux horizons, de s'instruire grâce à la lecture. Mais le "j'ai lu", dans le monde de la lecture, prend trop souvent le pas sur le "je lis".

Cette petite intro sert à te dire que je lis Marcel Proust depuis mes 18 ans, et que je prends mon temps.

Je me souviens de ma dernière année de lycée, quand mes camarades de classe s'amusaient à dessiner une cible sur le tableau noir et à tracer les mots "Tirez sur le Proust!" à la craie - pour ensuite s'exécuter en jetant des éponges sur la pauvre cible. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Proust n'était pas vraiment aimé de mes camarades de classe. Heureusement, plus tard, j'ai pu faire la connaissance d'autres proustiens inconditionnels, comme moi!

Certes, Proust fait de longues phrases, certes, il peut parler pendant des pages du goût d'un morceau de madeleine trempé dans du tilleul mais - qu'est-ce qu'il excelle à cerner la complexité de l'être humain, les relations entre les personnes, les fluctuations entre les différentes couches de la société!

Proust, par certains côtés, c'est l'écrivain que j'admire le plus (la Recherche du temps perdu, de par son envergure et de par sa perfection, est juste complètement dingue) mais c'est celui que je n'aimerais jamais être. Il a, à un certain moment de sa vie, remplacé sa vie par son écriture, s'enfermant dans une pièce insonorisée dont il ne sortait plus que pour les besoins de son art. Je suis complètement amoureuse de la littérature depuis très longtemps mais - jamais je ne sacrifierais ma vie entière pour l'écriture d'une oeuvre.

Quoi qu'il en soit, j'espère bien que la Recherche m'accompagnera encore longtemps - je sais qu'elle me réserve encore des tas de beaux moments de lecture!

"La lecture est une amitié."

Marcel Proust

Une partie 2 de cet article suivra sûrement ... même si j'évoque ici des auteurs que j'admire énormément, je suis loin d'avoir fait le tour de tous mes modèles littéraires. 



lundi 18 septembre 2017

Des trésors dans ma cuisine



Il y a une question que me fille me pose pratiquement tous les jours, au moment où je lui donne à manger ou alors lorsque nous nous apprêtons à cuisiner ensemble: "Il y a quoi dedans?" J'aime à penser qu'elle a hérité de ma passion pour la cuisine et s'enthousiasme pour tous les ingrédients que recèlent mes armoires. Elle adore énumérer les ingrédients d'une recette et même me rappeler si j'ai "oublié" d'ajouter ceci ou cela. Ce dont je suis convaincue en tout cas, génétique à part, c'est qu'elle doit remarquer mon engouement et qu'il est quelque peu contagieux!

Ma fille aînée a 3 ans et c'est vrai qu'à travers elle, depuis 1 à 2 ans, je vois tout avec des yeux différents. Je vois les plats qu'elle apprécie, j'écoute les questions qu'elle me pose, j'essaie d'accompagner ses découvertes culinaires. Certes, elle a 3 ans, et elle aime aussi les frites, les glaces, et les biscuits, comme tous les enfants. Et elle a le droit de goûter à tout, en-dehors de la maison (nous avons juste fait le choix d'attendre avant de lui laisser essayer de la viande, pour qu'elle soit en âge de comprendre ce qu'elle mange) Mais à côté elle adore les nouilles au seitan ou encore les casseroles aux lentilles et aux noix, la quiche au tofu fumé ou encore les crêpes coco-banane. Et en parlant d'ingrédients, elle est habituée aux graines de chia et aux baies de goji qu'elle mange comme des bonbons.

Je suis passionnée de cuisine depuis belle lurette maintenant, mais ce n'est que quand j'ai adopté une alimentation plant-based que mon imagination culinaire s'est décuplée et que j'ai commencé à réellement m'épanouir derrière les fourneaux. Pour ceux que ça intéresse, voici le lien de mon article de conseils pour une alimentation végétalienneSur les pas d'Ondine: Conseils pour une alimentation végétalienne J'aime à considérer la richesse du monde végétal et les bénéfices que je peux en tirer comme si les produits d'origine animale n'existaient pas. D'ailleurs, pour moi, c'est tout comme, puisqu'il ne s'agit pas (plus!) d'aliments à mes yeux. A noter cependant que je me réserve le droit de reprendre et véganiser des plats (comme le Shepherd's pie qu'on adore à la maison) que j'apprécie pour leur alliage de textures ou de types de saveurs.

Après des années d'expérimentation avec des recettes végétales, j'ai fini par acquérir une certaine aisance dans la cuisine, je me laisse encore et encore inspirer par mes livres de recettes préférés (mes 'auteurs' préférés étant Angela Liddon du blog Ohsheglows, Chloe Coscarelli - gagnante des Cupcake wars - Isa Chandra Moskovitz du site "culte" Postpunkkitchen, Marie Laforêt et quelques autres)

Revenons-en au sujet de cet article: le contenu de mes placards, les ingrédients que j'utilise, jour après jour, depuis maintenant un peu plus de 5 ans, sans m'en lasser. Mais, d'abord, un retour en arrière.


flashback: hiver-printemps 2017, je suis enceinte de ma deuxième fille

 Etant enceinte, la nourriture représente beaucoup pour moi en ce moment - encore plus que d'habitude! Alors que déjà à la base je me passionne pour la cuisine et l'alimentation, pendant ma grossesse cela vire quasiment à l'obsession.  J'ai besoin en permanence de remplir mon frigo, de réarranger toutes mes petites jarres, de planifier des repas, puis de changer d'avis, dix fois.

Alors que je suis en train de préparer plein de petits plats à congeler pour après la naissance de mon bébé, je me rends compte une nouvelle fois combien j'aime le fait-maison (qui prend beaucoup moins de temps que les gens pensent) 

Retour vers le moment présent: Finalement, je me lasse vite des plats commandés et autres take-away et une fois les réserves du congélateur épuisées, je retrouve avec plaisirs mes casseroles et je cuisine des petits plats, je prépare des sauces, des smoothies, des quiches et j'en passe, dès que bébé fait dodo. Je ne peux pas m'en passer, c'est une façon d'être créative et de mettre en même temps en pratique des principes à la fois éthiques et de santé.

J'emmène d'ailleurs toujours mon Nutribullet avec moi quand je voyage; c'est un peu comme si j'avais une cuisine de poche avec moi (cet engin qui a l'air d'un mini-blender est super-pratique et multi-usage)

Ma grossesse, la période post-naissance et puis nos voyages récents m'ont donné envie d'écrire enfin cet article dont l'idée me travaillait déjà depuis un moment.

Ce que je mange dans une journée: en commençant par le petit déjeuner
Dans mon article de conseils sur l'alimentation végétalienne, j'avais évoqué des catégories d'ingrédients. J'aimerais ici, plutôt, ouvrir une petite fenêtre sur mon alimentation de tous les jours pour montrer de manière concrète comment je me sers des végétaux au quotidien pour bien manger. D'une manière générale, je maintiens une aussi grande variété que possible, en incluant beaucoup d'aliments différents et en essayant de toujours composer des assiettes multicolores. Je constate souvent que je mange beaucoup plus varié que quand j'étais omnivore, et mes assiettes sont nettement plus jolies! J'aime à m'inspirer de différentes cuisines et trouver de nouvelles combinaisons tout le temps.

Petit déjeuner
En ce moment, je suis obsédée par les smoothie bowls, tellement faciles à faire, tellement bourrés en nutriments et tellement savoureux! Tapez les mots "smoothie bowl" dans Google images et vous allez voir...les croissants et baguettes n'arrivent pas à la cheville de ce type de petit déjeuner à mon avis! 


 Le smoothie à base de fruits frais, purée d'amande ou de noix, graines de chanvre, lait végétal, vanille/sirop d'érable (ajout optionnel: quelques feuilles d'épinards) - parfois je le fais au chocolat en ajoutant de la poudre de cacao ou alors façon crème glacée en ajoutant des bananes congelées dans le blender. Petit tuyau pour gagner du temps (même si déjà à la base c'est rapide, la préparation d'un smoothie): mettre dans le congélateur des petits sachets contenant chacun tous les ingrédients pour un smoothie- et au moment de préparer votre smoothie, vous n'avez plus qu'à verser les contenus du sachet dans votre blender et tout mixer.

J'aime ajouter du granola dans mon smoothie bol: je le prépare le plus souvent possible moi-même (je fais des plus grandes quantités à l'avance) en mélangeant des céréales avec des graines et des noix (et, là aussi, parfois je fais la version chocolat), j'y verse quelques cuillères d'huile de coco fondue, quelques cuillères de sirop d'érable, un peu de cannelle...je mets le tout au four pendant une demi-heure en remuant de temps en temps - et le tour est joué. Alors qu'en hiver, j'aime bien manger des flocons d'avoine classiques cuits à la poêle, en été je prépare plutôt ce qu'on appelle overnight oats, c'est-à-dire des flocons d'avoine que je fais tremper dans du lait d'amande (dans une jarre en verre de préférence) avec des graines de chia, de la vanille et du sirop d'érable au frigo pendant la nuit.

Le weekend, je fais très souvent des crêpes, les possibilités sont infinies: crêpes aux pommes et à la cannelle, crêpes banane-coco, crêpes épaisses aux fruits rouges...  Je partage ici une recette de crêpes aux myrtilles - on peut aussi ajouter des pépites de chocolat-selon Chloe Coscarelli: https://awakenedvegan.wordpress.com/2012/08/29/blueberry-pancakes-for-dinner-sure-why-not/


Déjeuner/Dîner

A la maison, les déjeuners et dîners sont, à vrai dire, un peu échangeables, puisqu'on ne mange pas forcément différemment à midi que le soir et que ça dépend plutôt des envies de chacun et du degré de faim aussi! 

Je vais simplement donner ici 10 idées de plats que j'affectionne particulièrement et qui reviennent, avec des variantes, dans notre rotation régulière. Bien que j'indique pour la plupart des plats une recette particulière, il existe des variantes multiples sur internet de ces plats fétiches de la cuisine végétale - et si on est féru de cuisine, on peut carrément improviser!

J'ai choisi plutôt des repas du style comfort food et majoritairement des plats que j'ai tendance à cuisiner en automne-hiver-mais pas uniquement!


Chili aux légumes et aux haricots rouges, avec crème de noix de cajou, avocat, riz complet - voir deux recettes: du blog PostPunkKitchen http://www.isachandra.com/2010/12/red-lentil-thai-chili/
 et du blog Ohsheglows http://ohsheglows.com/2014/02/05/my-favourite-vegan-chili-with-homemade-sour-cream/

Korma aux légumes (plat indien): d'après une recette d'Isa Chandra Moskovitz http://www.isachandra.com/2010/11/cashew-vegetable-korma/

Soupe aux lentilles: 
Soupe aux lentilles vertes et à l'estragon https://recipes.sparkpeople.com/recipe-detail.asp?recipe=1559943 
Soupe aux lentilles corail (comfort food par excellence) http://ohsheglows.com/2016/04/03/glowing-spiced-lentil-soup/
ou alors la soupe aux légumes mixés avec une poignée de lentilles corail et un demi-citron pressé (sans recette particulière)


Seitan Stroganoff-une sauce crémeuse au seitan et aux champignons: http://www.isachandra.com/2008/10/1010/

Quiche au tofu- voici deux variantes: l'une du blog Ohsheglows (quiche champions-épinards): http://ohsheglows.com/2013/08/27/sun-dried-tomato-mushroom-and-spinach-tofu-quiche/
pour gagner du temps, on peut simplement utiliser une pâte brisée toute prête
l'autre 'façon lorraine': https://www.youtube.com/watch?v=b2FXLj09aIg

Burger aux pois chiches, hummus-avocat, sauce tahini, et patates douces au four (d'après la recette de Chloe Coscarelli http://healthyliving.trcc.org/recipes/falafel-sliders-with-avocado-hummus

Shepherd's Pie aux lentilles et aux noix (d'après la recette de Niomi Smart dans son livre Eat Smart) Je n'ai pas trouvé la recette en ligne mais j'ai découvert récemment que Jamie Oliver, cuisinier en chef, a créé lui aussi une recette de Shepherd's Pie végétal que j'ai hâte d'essayer! Je partage le lien ici:http://www.jamieoliver.com/recipes/vegetables-recipes/vegan-shepherd-s-pie/

Fried rice (avec mango/ananas/clémentine): http://www.isachandra.com/2012/02/mango-fried-rice/


Fettucine Alfredo / pâtes à la sauce aux noix de cajou (option: avec courge butternut dans la sauce)  - un grand favori de la cuisine végane, je recommande cette recette de Miyoko Schinner pour la version simple https://www.youtube.com/watch?v=Yu7_z96RKCw&t=186s
ainsi que la recette un peu plus sophistiquée d'Isa Chandra (avec miso blanc et courge) http://www.isachandra.com/2012/10/roasted-butternut-alfredo/

Et finalement, les Lasagne, mon plat préféré de tous les temps! cuisiné encore et encore pour des amis dans le passé, et j'aime encore plus la version végétale:
bolognese au seitan, tofu façon ricotta avec basilic
Voici une recette de Chloe Coscarelli http://www.thehippyhomemaker.com/there-is-no-way-that-lasagna-was-vegan-just-no-way/
Il y en a une autre comportant du seitan émincé dans son livre de cuisine italienne (pas disponible sur internet pour le moment)
Mais à vrai dire, quand je fais des lasagne, je  mélange un peu toutes les astuces différentes que je pioche dans différentes recettes, pour arriver à un méli-mélo de toutes les saveurs que je préfère!

Et oui, j'ajoute aussi du parmesan végétal, que je fais en 5 minutes en écrasant une demi-tasse de noix dans un blender puis en y ajoutant une pincée de sel et une cuillère de levure maltée.

Une bonne ration de céréales complètes (riz, couscous, quinoa, millet...) ainsi qu'une grande salade complètent beaucoup de mes repas.


Recommandation:


J'ai été ravie de tomber, récemment, sur la chaîne youtube Pick Up Limes. Sadia est une diététicienne nutritionniste végétalienne qui propose un contenu toujours de qualité, informatif, esthétique, qui met l'eau à la bouche. Elle est souriante, bienveillante, ne juge pas ceux qui s'alimentent différemment, propose juste des conseils. Elle est un exemple pour moi et même si je m'y connais plutôt bien en matière de nutrition après toutes les lectures que j'ai faites, elle m'apprend de nouvelles choses et fait partie des personnes qui font que je m'enthousiasme encore plus des trèsors de ma cuisine et de tout ce que je peux en tirer.


dimanche 3 septembre 2017

Minimalisme: où j'en suis



Je m'intéresse depuis un moment au mouvement minimaliste (Sur les pas d'Ondine: Feng Shui-comment j'ai tenté de désencombrer ma vie)- ce mouvement répond sans doute, à la façon d'un pendule, au consumérisme auquel notre société est vouée depuis si longtemps. L'un appelle l'autre, en quelque sorte: plus nous nous sentons envahis de toute part par le shopping, les possibilités infinies, l'accumulation d'objets, plus naît cette soif d'épuration, de réduction, de simplicité. Réduire le nombre de choix, de décisions à prendre,  et par extension de préoccupations.

Des études confirment ce que j'ai pu constater dans ma propre vie et autour de moi: le surplus d'objets crée du stress et même de la dépression. Etre entouré de plein de choses inutiles qui nous encombrent et nous forcent à rester enlisés dans notre passé et dans nos vieilles habitudes, c'est l'opposé d'une clé pour le bonheur.

Le moment précis où j'ai pris conscience des bienfaits d'un certain minimalisme, c'était lorsqu'un jour, presque spontanément, j'ai décidé de réduire considérablement la taille de ma bibliothèque. Activité contre-intuitive s'il en est pour le rat de bibliothèque que je suis:  moi qui courais toujours les bouquinistes, les marchands de vieux livres, et qui jusqu'à aujourd'hui ne peux pas résister à la compulsion d'acheter tel nouveau roman de tel auteur que j'affectionne, le coeur battant...eh bien, oui, malgré tout cela, j'ai constaté que le fait de réduire l'ensemble de ma bibliothèque à l'essentiel (et donc me défaire d'innombrables cartons remplis de livres dont je me séparais - pour les revendre ou les donner) cela m'a procuré une clarté folle et complètement inattendue.

Ce jour-là, mon regard embrassait les étagères désormais dépouillées du superflu, et soudain, j'ai eu l'idée d'écrire un de mes premiers "vrais" articles sur le blog (La littérature contemporaine ou: comment revenir de ses préjugés) Cet article est né de la clarté apportée par la simplification que d'aucuns appellent minimalisme.


J'aurai toujours le souffle coupé à mettre les mains sur un nouveau livre, à découvrir un nouvel auteur. Feuilleter un livre, c'est un des plus grands plaisirs qui soit pour moi. Mais je me réserverai toujours le droit de me séparer d'un livre - de le faire passer à quelqu'un d'autre qui l'apprécie plus que moi, d'arriver à reconnaître quand un livre a fini de jouer son rôle - et ne garder que mes essentiels.

J'applique désormais ce principe à tous les domaines de ma vie.

Ceci dit, il n'empêche que je suis toujours très loin d'être une minimaliste. Tout d'abord parce que, comme la plupart des personnes de mon entourage, vivant dans un pays riche, j'ai énormément de possessions et beaucoup d'entre elles sont largement inutiles. Personne n'a besoin d'un grand écran plat, d'une voiture qui coûte cher, et de plus de vêtements qu'on pourrait porter en 6 mois. Et de tout un tas d'autres objets qui, si on les considérait du point de vue d'une personne pauvre vivant dans une petite cabane quelque part dans le Tiers Monde, ou encore du point de vue d'un SDF, ne pourraient être qualifiés que de luxe. Les gens qui, réellement, n'ont que le minium absolu pour vivre auraient sans doute beaucoup de mal à comprendre notre "minimalisme"!

Mon but, ce n'est justement pas de vivre avec le minimum. J'ai la chance de ne pas être forcée à me contenter de ce minimum, j'ai une grande maison, je suis très consciente d'être chanceuse, et, comme la plupart des gens dans ma situation, je mets à profit mon pouvoir d'achat: nous travaillons, mon mari et moi, nous gagnons de l'argent, et nous le dépensons (la plupart du temps de façon plutôt raisonnable)  Seulement... il arrive un moment où avoir plus et plus n'augmente pas le degré du bonheur. Une fois que les besoins de base sont assouvis, on risque très vite de se créer une cage dorée à force d'accumuler.

Il y a une autre très bonne raison pour laquelle ne ne peux certainement pas être vue comme minimaliste: comme le sait toute personne ayant des enfants, minimalisme et progéniture ne font pas très bon ménage. Est-ce peut-être parce que les enfants sont synonymes de vie, d'abondance, de débordement? ou alors parce que, lors même que je travaille à réduire mes propres possessions et à ne plus être attirée dans les pièges du marketing, notamment en ce qui concerne l'achat de vêtements, quand il s'agit de mes enfants, c'est une autre histoire: Je me vois mal mettre en place une capsule wardrobe  pour ma fille, tant j'aime à varier ce que je lui mets. C'est sans doute une faiblesse de ma part, et les vrais minimalistes y verraient sans doute une tare, mais vu que toutes les nouvelles habitudes que j'adopte servent surtout à me rendre plus heureuse, moi et aussi mes proches, cette petite/grande concession ne me pose aucun problème. Je pourrai sans doute retourner plus tard à un minimalisme plus "strict" - quand ma maison ressemblera de nouveau plus à un oasis et moins à un zoo (oui oui, même sans avoir d'animaux à la maison, un domicile où vivent des enfants ressemble toujours un peu à une ménagerie)

Ce qui est sûr, c'est que la phase de questionnement dans laquelle je me trouve depuis un moment a déjà porté ses fruits et que je ne verrai plus jamais les possessions matérielles du même oeil qu'il y a 5 ou 10 ans. Certes, j'ai parfois besoin d'une piqûre de rappel, je retombe, moi aussi, dans d'anciens mécanismes - les vieux réflexes shopping sont parfois tenaces - la grande machine appelée consumérisme est bien huilée et tient à sa survie! Mais je suis beaucoup plus consciente, désormais, que pour être vraiment heureuse, ce ne sont pas les faux besoins créés par les commerces qui devraient diriger mes choix.

Quelques questions utiles que je me pose souvent désormais: Est-ce que j'achèterais cet objet s'il n'était pas soldé? Est-ce que je le vois comme allant avec ma garderobe/ma maison/les autres objets de la même catégorie que je possède déjà etc. Est-ce que j'ai déjà un doublon? Est-ce un objet qui m'apportera encore de la joie dans 1, 2, 5 ans?

Qu'il s'agisse de livres, de vêtements ou de toute autre catégorie d'objets, dès que je vois que je n'ai plus de vue d'ensemble, que je me trouve dans un magasin et que je ne sais plus si je possède déjà un t-shirt dans le même genre et la même couleur, je m'oblige à m'arrêter, je me dis "stop". Quand je vais faire les magasins, j'essaie de le faire, désormais, seulement si je cherche quelque chose de précis (un nouveau jean, par exemple) et en étant très consciente de tout ce que j'ai déjà (un inventaire rapide des contenus de son dressing avant une séance de shopping n'est pas une mauvaise idée!)

La grossesse a pour moi (une nouvelle fois!) compliqué les choses: J'ai en fait deux garderobes en une, les vêtement de grossesse et d'allaitement d'une part, les vêtement ordinaires de l'autre. Entre cela et le fait d'essayer de rentrer de nouveau dans ses vêtements d'avant tout en continuant à allaiter, j'ai parfois du mal à m'y retrouver. Quelques semaines après avoir accouché, je me suis promenée en ville en pleine période de soldes, et j'avoue que je me suis de nouveau sentie attirée par les magasins, les pancartes, les promesses... tellement j'avais envie de nouveau me sentir comme un être humain. C'est bien sûr ce sur lequel capitalisent les magasins, ce sentiment procuré par l'achat d'un nouveau vêtement qui vous fait sentir un peu comme une nouvelle personne. Or, bien sûr, c'est un sentiment qui ne dure pas et on se rend compte bien vite que rien n'a changé.

Je ne me range dans aucune case, ni minimaliste, ni autre, mais je peux dire que ma nouvelle devise c'est: simplifier, simplifier et encore simplifier. J'essaie d'appliquer ce principe également à ma cuisine d'où sont en train de disparaître tous les outils qui: a. ne me servent quasi jamais b. sont redondants c. peuvent facilement être remplacés par un outil multi-usage.

Ce que j'aime également beaucoup dans le mouvement minimaliste, c'est la manière dont les maisons ou appartements sont épurés du point de vue esthétique: on oublie les tonnes de décorations, les bibelots déposés sur les meubles, les tableaux et photos par dizaines sur les murs.  Là aussi, j'aime beaucoup, désormais, simplifier (au grand soulagement de mon mari qui autrefois "souffrait" en silence de mes décorations encombrantes) Le regard peut aisément glisser sur les surfaces de meubles ainsi que sur les murs - les pièces dégagent ainsi un côté zen et paraissent même plus grandes qu'elle ne le sont.

Là où je vois également une grande différence maintenant par rapport à autrefois, c'est quand je voyage: avant, j'achetais des cartes postales que je collectionnais, partout où j'allais, comme si je voulais contenir tous les lieux visités pour ne pas les perdre. Ou je rapportais des petits bibelots, ces soi-disant "souvenirs", de mes voyages - pour me rendre compte très vite, toujours, que ces objets n'avaient pas leur place chez moi, que j'avais juste voulu prolonger quelque chose qui avait pris fin, en essayant de l'intégrer à mon quotidien. Alors qu'en réalité, les "souvenirs" étaient dans ma tête, pas dans des objets inutiles et souvent un peu ridicules même.

Finalement, j'ai aussi changé d'attitude par rapport à tout ce qui est cadeaux, souvenirs, et objets sentimentaux. La prise de conscience que j'ai eue est la suivante: si le souvenir auquel je suis attachée est vraiment si fort, il n'y a pas besoin d'un objet pour me le rappeler. Si en revanche sans cet objet je l'oublie, c'est qu'il ne valait pas trop la pein d'être retenu. Et puis, j'aime tellement être dans le moment présent, que vouloir toujours se raccrocher au passé est un peu un écueil à éviter. On garde tellement d'objets par nostalgie, mais aussi à cause d'un vague sentiment de culpabilité - tout cela, je voudrais m'en libérer, car, au risque d'offenser, de ne pas être comprise, la liberté de  ne garder que ce qui nous cause vraiment de la joie, cela n'a pas de prix.

dimanche 20 août 2017

L'allaitement- une affaire privée entre une maman et son bébé!


J'aimerais aujourd'hui aborder un sujet qui me tient très à coeur et dont, heureusement, on parle de plus en plus - sans toutefois qu'il soit encore assez rentré dans la norme, à mon avis. Lorsqu'on parcourt les forums de (futures) mamans, on voit souvent un potentiel de controverse qui a de quoi surprendre. En effet, s'agissant de quelque chose d'aussi naturel et d'aussi personnel que l'allaitement maternel, il est assez hallucinant de voir combien de personnes peuvent vous mettre des bâtons dans les roues lorsque vous souhaitez allaiter votre bébé.


J'ai hésité avant de poster cet article - comme toute personne qui écrit, j'ai parfois peur d'être mal comprise. Voilà d''ailleurs pourquoi je publie cet article plusieurs mois après l'avoir écrit. En reprenant ce texte, je me rends compte à quel point j'ai envie de le  partager.

***

Pour ma part, j'ai été chanceuse, à la naissance de mon premier bébé: l'allaitement s'est mis en place assez facilement, et malgré des douleurs et difficultés auxquelles est confrontée chaque débutante en la matière, je peux dire que je n'ai jamais eu à me demander si j'y arriverais ou s'il fallait que je trouve une alternative. Je n'avais pas prévu de plan B, pour moi le choix d'allaiter, c'était une évidence. Il est vrai que j'ai reçu beaucoup de soutien, à la fois de la part de mon mari et de la part des sages-femmes, et je suis convaincue que ce soutien a joué un grand rôle dans le succès de mon premier allaitement.

Toutes les femmes ne bénéficient pas d'un tel soutien, toutes les femmes ne profitent pas de circonstances favorables, beaucoup d'entre elles doivent renoncer, abandonner, souvent à grand regret. C'est surtout pour ces femmes que j'aimerais écrire cet article, parce que je pense à elles au moment où je m'apprête à donner naissance à mon deuxième bébé et où je suis (assez) confiante de pouvoir démarrer une deuxième fois la grande aventure de l'allaitement.

Je voulais créer ce post pour les femmes qui voudraient vraiment allaiter et tout faire pour - en effet, j'entends tellement souvent des histoires d'un allaitement qui "n'a pas marché" et j'ai la très forte impression que la plupart du temps ce n'était pas du tout la "faute" de la maman - car dans une grande majorité des cas l'allaitement fonctionne si l'accompagnement dont on a besoin est là. Aucune maman ne devrait se sentir en échec parce que le soutien nécessaire lui a fait défaut. 

Et si les circonstances sont moins que favorables, alors il y a des choses qui sont bonnes à savoir, des points d'appui pour pouvoir s'en sortir, même sans aucune aide extérieure.

Un premier message que je voudrais adresser à toutes les femmes concernées, c'est: ne vous laissez décourager par PERSONNE! J'ai tout entendu, de la famille qui trouve que c'est "dégoûtant" au mari "jaloux" aux personnes qui vous traitent de "vache laitière" (ridicule, puisque la vache elle aussi donne son lait à son bébé, à la base, rien de plus naturel)...dans une société de plus en plus sexualisée, on doit bientôt se défendre de voir les seins pour ce qu'ils sont à l'origine: une source de nourriture parfaitement adaptée au bébé, comme c'est le cas pour tous les mammifères.


Ensuite, n'écoutez pas les âneries sorties par certaines sages-femmes. Oui, ça m'attriste de le dire, mais c'est vrai: vous pourrez rencontrer des sages-femmes géniales au cours de votre séjour à la maternité, mais aussi beaucoup de contradictions entre ce que disent les unes et les autres...et aussi des bêtises. Dire à une maman qu'elle n'a "que quelques gouttes" au 2e, 3e jour de vie de bébé, que ce n'est pas assez et que donc il faut passer au biberon...c'est  inacceptable. Les tout premiers jours, ces quelques gouttes suffisent! Le bébé a l'estomac à la taille d'un petit pois au début. Il ne faut pas écouter, juste continuer à laisser son bébé téter...et ça finira par venir (sauf dans de rares cas où il y a un problème médical sérieux ou lorsqu'on a un bébé qui refuse le sein- ce qui peut aussi arriver) Il ne faut pas non plus laisser quelqu'un vous persuader d'essayer de tirer du lait pour voir combien de lait vous avez...car votre bébé arrive à faire sortir beaucoup plus de lait en tétant que tous les tire-lait réunis. Faites confiance à vous et à votre bébé, soyez patiente, bébé n'est pas en danger même si ça prend un peu de temps. On a sorti à ma maman "moi je ne laisserais pas mon bébé mourir" parce qu'elle a insisté jusqu'à ce que ça marche. 

Ensuite, si vous le trouvez difficile au début, la douleur, le rythme à prendre, les nuits courtes...sachez que tous vos efforts payeront après les premières semaines: ce sera tellement facile, vous mettrez bébé au sein sans réfléchir, vous ne sentirez plus rien, et vous serez bien contente d'être passée par les difficultés du début.

Je ne recommande d'ailleurs pas non plus de prévoir un biberon "au cas où", au début: vous risquez de craquer à la moindre difficulté, mais surtout cela vous met dans la mentalité "je vais essayer ce que ça donne" alors que c'est quelque chose qui marche tout naturellement dans la grande majorité des cas. Se dire "je VAIS allaiter" vous garantit le succès dans presque tous les cas.

Il faut savoir aussi que les premières semaines, bébé aura des phases où il boira des heures d'affilée. Ce sont des périodes de croissance/développement pendant lesquelles votre lait doit s'adapter aux nouveaux besoins du bébé...c'est normal, plus bébé tète, plus votre lait s'adaptera. ça ne veut en aucun cas dire que votre lait n'est pas assez riche, ou que vous n'avez pas assez etc. Votre  bébé tétera comme un fou 2-3 jours, et puis votre lait aura atteint un nouveau niveau (un peu comme dans les jeux vidéos!)

Aucune femme ne devrait être obligée à allaiter, mais pour celles qui le souhaitent, elles devraient pouvoir le faire sans qu'entourage, sages-femmes ou d'autres intervenants ne leur opposent des obstacles.  Et d'ailleurs, la durée de votre allaitement lui aussi ne regarde que vous!

Au moment où la naissance de mon deuxième bébé approche à grands pas et où je m'apprête à entreprendre une nouvelle fois la grande et merveilleuse aventure qu'est un allaitement, j'écris cet article autant pour moi-même que je l'écris pour vous: Tout comme toutes les mamans souhaitant allaiter, j'ai besoin d'encouragements, de soutien, de bienveillance. Et savoir qu'on est des milliers à vivre ensemble l'aventure est déjà une source de motivation incroyable.

dimanche 13 août 2017

La vie de mes rêves ("The Miracle morning" par Hal Elrod)



Vous êtes-vous jamais demandé ce qui vous motive à vous lever le matin? En anglais, il existe le joli mot "purpose"qui désigne le fait de savoir où on va dans la vie et pourquoi. C'est un état très désirable et qui fait même rêver tous ceux qui ne savent pas vraiment quel est leur but dans la vie.

En ce qui me concerne, en grande cogiteuse que je suis, je me pose souvent ce genre de question. C'est une question existentielle qui peut sembler quelque peu superflue en même temps, puisque la plupart d'entre nous avons plein de raisons de nous lever le matin et qu'il ne nous viendrait pas forcément à l'esprit d'aller y chercher une composante philosophique. Nous ne nous posons pas forcément la question de nos aspirations et souvent nous sommes juste pris dans des automatismes installés depuis longtemps.

Il y a peu de temps, je me suis livrée à l'exercice mental suivant: A quoi ressemblerait ma journée idéale? Ma semaine idéale? Mon mois idéal etc.?

Et j'ai pris conscience que mes rêves, du moins une grande partie d'entre eux, sont tout à fait réalisables. Le problème, c'est le manque de projection concrète, le fait que je n'entreprends pas, CHAQUE JOUR, des pas en vue de la réalisation de ces rêves. Que je me cache derrière le train-train quotidien, derrière les excuses, que je m'auto-limite et que je m'interdis ce qui n'est séparé de moi que par les obstacles que je place sur ma propre route.

Je suis intimement convaincue que c'est quelque chose qu'on apprend étant enfant, puis ado, puis adulte: cette croyance tenace que les rêves et la réalité, ce sont deux domaines bien distincts et séparés par un paravent infranchissable. 

Eh bien je crois que c'est tout faux, et qu'avec de la volonté et de la détermination, on peut atteindre beaucoup d'objectifs et vivre une vie intentionnelle, c'est-à-dire décider soi-même vers où on veut se diriger, ce qu'on choisit, ce qu'on délaisse. 

En fait, qui dit purpose dit force motrice dit passion. Pour ma part, une de mes plus grandes passions, ce sont les mots, et par extension les livres, les histoires, les langues...Dans ce domaine, comme dans tous les autres d'ailleurs, quand je pense à mes rêves, j'ai toujours eu une vision très abstraite et diffuse de ce à quoi ils pourraient ressembler. Or, eureka, un jour, j'ai pris conscience que si je voulais être un auteur, il fallait seulement écrire. Et tous les rêves les plus fous pourraient se réaliser seulement en mettant en pratique cette première étape essentielle. Réaliser ses rêves maintenant, c'est possible aussi en se mettant en tête qu'il s'agit bien en réalité de buts dans la vie, pas de visions abstraites qu'on ne cherche même pas à atteindre. Alors maintenant, j'essaie d'écrire tous les jours, que ce soit mes histoires ou alors les articles sur mon blog. Ecrire me rend heureuse et m'épanouit. Même quand je n'ai à ma disposition que quelques minutes par jour. Et ainsi je me rapproche toujours un peu plus de la vie de mes rêves.

Lorsqu'on travaille à construire la vie de ses rêves, on peut trouver beaucoup d'aide et de motivation  auprès de personnes inspirantes. J'en trouve tout le temps, dans la vie comme dans mes lectures. Dans la série de livres de développement personnel dans lesquels je plonge depuis un certain temps, ce qui m'inspire le plus, ce sont ces "manuels" qui nous incitent à prendre notre vie en mains et à vraiment vivre la vie de nos rêvesParmi tous les blablateurs et poseurs qu'on trouve dans notre société, Hal Elrod (auteur de The Miracle Morning), de par son expérience de la vie, de par sa personnalité, de par la sagesse qu'il dégage, fait partie des personnes qui méritent qu'on les écoute. Pour avoir une petite idée de qui il est, vous pouvez le découvrir en écoutant une de ses présentations sur youtube. 


Ce n'est pas un gourou, il ne propose pas de religion, c'est juste une de ces personnes inspirantes qui vous motivent à devenir la meilleure version de vous-mêmes. La finalité du Miracle morning, c'est de se lever le matin enthousiaste comme un enfant le jour de Noël...et ce tous les matins! Cela ne serait-il pas fabuleux?


les merveilles du matin




Etre matinale, cela fait partie de ma nature profonde, celle qui se manifestait déjà étant petite, lorsque je sautais sur le lit de ma soeur à une heure innommable du  matin quand celle-ci aurait bien aimé dormir encore une heure ou deux.

Cela n'a pas changé, j'aime toujours me lever tôt. (même quand je n'ai pas beaucoup dormi)

Le matin, tout me semble plus clair, j'arrive mieux à canaliser mes pensées, à me focaliser sur l'essentiel, à me projeter, planifier, et à réaliser.

Dans mon dernier article (Sur les pas d'Ondine: La fragilité) j'ai partagé un peu mon combat contre l'anxiété et la dépression - j'y parle de notre santé mentale qui mérite toute notre attention tout comme notre santé physique. Au fil des années, j'ai trouvé des activités qui font du bien à mon esprit et qui m'apportent de la paix intérieure, surtout quand je les pratique dès le matin: la lecture, l'écriture, le yoga, la méditation...

Ce sont précisément des activités (matinales!) préconisées par Hal Elrod dans son livre The Miracle Morning. Sans avoir essayé pour le moment de pratiquer le miracle morning de manière systématique, ayant toujours été du matin, je peux d'ores et déjà confirmer combien cela fait du bien si on commence sa journée par une de ses pratiques.

Quelle bonne idée de les combiner TOUTES et de passer ainsi quelques minutes chaque matin pour remettre les pendules à l'heure et se refocaliser sur l'essentiel!

Quelques nouvelles habitudes pour savourer à fond les merveilles du matin dans le but de s'approcher un peu plus de la vie de nos rêves:

- intégrer le plus possible les six pratiques Life Savers (à savoir la lecture, l'écriture, le silence, la visualisation, les affirmations positives et enfin l'exercice physique)

-adopter, en particulier, les affirmations positives comme une clé importante pour l'épanouissement dans une vie - nous sommes tous tellement pris dans des dialogues intérieurs que nous ne choisissons pas, qui sont dictés par notre passé, par nos doutes et par nos peurs, qu'il est très utile et même crucial de les remplacer consciemment par des affirmations telles que "J'ai de la valeur" ou "Je peux réussir tout ce que je désire si je m'y attèle vraiment."

-découvrir l'exercice de visualisation - une pratique plutôt nouvelle pour moi - j'y dédierai peut-être un jour un article à part. Elle consiste à se mettre devant les yeux le but qu'on veut atteindre de manière vivante et concrète - afin de vraiment savoir vers quoi on se dirige, avec confiance et conviction.

Quant à la  lecture, l'écriture, l'exercice physique (en particulier le yoga) et a méditation (silence) voilà longtemps que je sais à quel point ces pratiques peuvent transformer ma journée si je les attaque dès le matin, avant toute chose.

Ce qui est au moins aussi important que ces bonnes habitudes, ce sont toutes les choses à ne PLUS faire, à bannir de son quotidien:

- Les phrases débutant par "Un jour...", "Si je pouvais...". "Si j'avais les moyens" etc.
Les discours internes négatifs qui pourrissent la confiance en soi et dans le monde et qui font couler d'emblée tous les projets aussi beaux soient-ils. C'est ce qu'on appelle des "croyances limitantes" (limiting beliefs) - et c'est de l'auto-destruction pure et dure. Quelle dommage d'aborder une vie qui nous a été donnée de cette façon!

- "Tu as de la chance" à chaque fois qu'une personne autour de nous semble plus fortunée que nous (c'est d'ailleurs plutôt une phrase marmonnée à demi-mot, ou articulée seulement dans la tête)  C'est une phrase qui transpire l'envie et même l'amertume souvent, et qui ignore le fait que nous sommes tous les artisans de notre propre bonheur. Etre envieux, dire que quelqu'un d'autre a "de la chance", c'est aussi admettre qu'on s'est résignés, qu'on a arrêté d'essayer de construire son propre bonheur, pierre après pierre, quelles que soient nos circonstances, quel que soit notre passé.

- Je recommande également de réduire le temps passé sur les réseaux sociaux - ce sont de vrais chronophages et depuis que j'ai supprimé tous les réseaux sociaux de mon ordinateur, je dédie beaucoup plus de temps à des activités utiles et épanouissantes.

En guise de conclusion, le message le plus important que j’ai tiré du livre The Miracle Morning, c’est que pour obtenir ce que l’on veut dans la vie, il faut d’abord devenir la personne qui correspond vraiment à la vie que nous souhaitons. Dans es mots de Hal Elrod: "Become the person you want to be in order to have the life you want." Et ce dès le matin!

dimanche 18 juin 2017

La fragilité






J'ai toujours associé l'idée de la fragilité à une image de verre cassé. Cela vient peut-être de la fascination que j'ai éprouvée, étudiante, pour la Ménagerie de verre  de Tennessee Williams. Toujours est-il que pour moi le verre cassé représente les fissures que la vie amène, les éclats de verre les drames de la vie, et puis un certian soulagement lorsqu'un verre se brise et que la cassure fait écho à une blessure intérieure.

Il ne viendrait jamais à l'idée de personne  de priver un patient souffrant de diabète de son insuline. Lorsqu'en revanche le mal qui nous ronge s'appelle dépression, anxiété, ou encore burn out,  la compassion peut laisser la place à l'incompréhension, le tabou bloque les confidences, un certain malaise s'installe.

On ne choisit pas  de souffrir de troubles mentaux tout comme on ne choisit pas ses maladies physiques. Se sentir fragile, vulnérable, crouler sous la pression... ce n'est pas quelque chose dont on devrait avoir honte.

Depuis des années je souffre d'attaques de panique, de crises d'angoisse. Je n'en parle pas, ou très peu. C'est un sujet tabou, toujours, et pourtant c'est un mal qui touche une grande quantité de personnes. De personnes qui souffrent en silence car fonctionner est un maître-mot dans notre société. On ne sait pas trop d'où vient cet impératif ou qui nous l'a imposé, mais il est évident que (dans le monde professionnel comme dans la vie en société en général) on n'a pas le droit de tomber en panne.

Or les blessures de l'enfance, les traumatismes, la mort d'un proche, une fausse-couche...peuvent nous fragiliser. Et si c'est le cas on est en droit de s'occuper de soi autant qu'on en a besoin. Sans devoir se justifier.

Avec les années on prend tellement l'habitude de donner le change qu'on arrive à un point où même si on disait en face à un proche: "A l'aide, je suis en train de couler, je n'en peux plus!" Il nous dirait: "Mais tu assures très bien, ça se voit, pas de problème." au moment même où vous êtes prêt(e) à avouer que vous n'êtes pas aussi forte que vous avez laissé paraître. au moment précis où vous êtes finalement prêts à demander de l'aide, malgré la honte, malgré la peur de la stigmatisation.

Je voulais dans cet article donner un exemple de fragilité mentale qui devrait être pris au sérieux et dont beaucoup de personnes (de femmes, en l'occurence) n'osent pas parler autour de soi. Il s'agit de la dépression postnatale qui, à l'inverse du babyblues dont il est désormais possible de parler, frise toujours le tabou. Le babyblues  (ces premières journées de nouvelle maman débordée, émotive, qui ne dort pas assez et pleure pour un rien) est accepté et même considéré comme commun - ce qu'il a de rassurant, c'est qu'il ne dérange pas trop, qu'il passe en général en l'espace de quelques jours ou de quelques semaines, et qu'on peut en parler sans gêne, puisqu'ensuite, la vie peut continuer sans trop d'encombres.



La dépression postnatale quant à elle est beaucoup moins la bienvenue dans les discussions, elle arrive de manière plus insidieuse, et plus tard (chez moi 2-3 mois après la naissance de mon premier bébé), quand l'excitation du début est retombée, le bébé n'est plus "nouveau", vous êtes censée avoir trouvé votre rôle de maman et juste avancer, jour après jour...et là un jour, vous vous réveillez, et vous n'avez plus goût à rien. Les larmes du babyblues seraient les bienvenues à ce moment-là, mais vous n'arrivez même pas à pleurer. Tout vous indiffère. Vous êtes là sans être là. Vous vous promenez la tête dans un nuage noir dont vous n'arrivez pas à sortir. Les gens bien-intentionnés vous disent de faire quelque chose qui vous fait plaisir, lire un livre, regarder une série...mais justement, plus rien ne vous attire. Mettre un pied devant l'autre, s'occuper de votre bébé...tout se transforme en tâche monumentale.

La bonne nouvelle, c'est qu'un jour, vous vous réveillez et "ça va" (comme dans la chanson de Rose). Vous ne pouvez pas l'expliquer, mais lentement, vous commencez de nouveau à voir des couleurs autour de vous, à vous intéresser à votre entourage, à vous émerveiller VRAIMENT de votre bébé. Vous remarquez que les rideaux de la chambre de la petite sont roses-ça faisait longtemps que vous ne l'aviez pas relevé. Et vous vous surprenez à penser "je vais bien, bébé va bien, tout va bien." Et c'est à partir de là que tout va mieux, un petit peu plus de jour en jour.


La dépression postnatale n'est qu'un exemple spécifique parmi tant d'autres de troubles mentaux qui peuvent nous atteindre. A vrai dire, personne n'est à l'abri. Et voilà pourquoi personne ne devrait faire la sourde oreille ou faire preuve d'incompréhension. Il devrait être possible de parler d'anxiété et de panique, de partager sa fragilité - pour être soutenu, c'est certain,  mais aussi pour que le jour où notre interlocuteur y sera confronté à son tour, le jour où ce sera lui qui portera un sac à dos bien trop lourd et devra combattre des fantômes, il trouvera un appui dans le fait qu'il saura que nous pouvons tous nous retrouver fragiles, un jour ou l'autre.

samedi 13 mai 2017

Madame Chic - un art de vivre




Lessons from Madame Chic


Mon blog reflète depuis quelques années déjà les sujets qui me représentent vraiment. Parfois, j'aimerais parler de certains thèmes, de différentes passions....mais l'envie, l'inspiration n'est pas vraiment au rendez-vous. Et alors l'article reste dans mes brouillons, ou ne voit carrément jamais le jour. Et ce n'est pas grave. Finalement, ce n'est pas vraiment moi qui choisis mes articles, ce sont eux qui me choisissent. Je fonctionne par à coups, spontanément. Et ainsi apparaît, discrètement, un fil rouge, dans ma vie comme sur le blog. Je le vois un peu plus clairement avec le temps qui passe.

De plus en plus, je fais le ménage dans ma vie, j'aspire à me concentrer sur l'essentiel, sur les expériences plus que sur les choses, sur mes passions plus que sur mes objets. Je me libère toujours un peu plus de ce qui me pèse - j'ai changé mon alimentation, adopté un mode de vie plus orienté vers le less is more (Sur les pas d'Ondine: Feng Shui-comment j'ai tenté de désencombrer ma vie), je  ne veux plus crouler sous les to do list en tous genres, être l'esclave de l'embarras du choix et de l'abondance qui règne dans notre société. J'apprécie de moins en moins les centres commerciaux, les vitrines des magasins, je n'aime plus tellement collectionner, amasser...et me noyer.

Dans le cadre de mes réflexions sur un mode de vie plus simple, plus en accord avec mes valeurs et plus centré sur mes passions véritables, je m'inspire beaucoup chez des personnes ayant des aspirations similaires et qui arrivent à les formuler de manière passionnée et contagieuse.

Récemment, je suis tombée sur le  TED-talk de Jennifer L. Scott The Ten-Item Wardrobe. Vu mon intérêt pour le désencombrement et la simplification de la vie en général qui ne date pas de hier, il n'est pas étonnant que ce discours (et ensuite la découverte de la série de livres frais et divertissants écrits par l'intervenante) ait retenu mon attention.

Il arrive qu'on tombe sur un point de vue nouveau et original sur un sujet finalement très familier (la vie étudiante à Paris, notamment, l'hébergement chez une famille d'hôtes etc,...) Ce sur quoi je suis tombée, finalement, ce n'est pas tant une invitation à réduire sa garderobe (The Ten-Item Wardrobe), qu'un message beaucoup plus général (et original)

Le vrai sujet de la série Madame Chic, c'est en réalité le vivre mieux. Le fait de vivre avec intention. Rien de très nouveau, me direz-vous, mais en m'y penchant de plus près, j'ai découvert qu'il y avait là de quoi repenser tout un mode de vie.

Voici une première idée-phare qui peut déclencher toute une série de questionnements:

Pourquoi crouler sous une montagne de vêtements pour ne porter ses plus jolies robes, blouses, jupes...que pour les occasions spéciales  (donc, à bien y réfléchir, que pour les autres) Comme si on avait besoin de toute cette quantité de vêtements qui, certes, nous plaisent moins que nos plus jolis habits, mais qui peuvent servir en attendant d'avoir des invités, en attendant de sortir, d'aller à une fête. Comme si tout seul à la maison, ce n'était pas la peine, comme si on valait si peu qu'on ne méritait pas de mettre nos plus jolis vêtements, tous les jours, juste pour nous. 

Cette réflexion m'a ramenée à mon adolescence - j'ai le souvenir d'avoir été, comme beaucoup, une adolescente un peu mal dans sa peau et qui n'arrivait jamais à se défaire du sentiment que la vraie vie allait commencer plus tard.  Et cela se reflétait aussi dans les vêtements que je portais à la maison.  Je passais tant d'heures chez moi et c'étaient des heures remplies de doutes. Je suis aujourd'hui bien mieux dans ma peau, davantage à l'écoute de mon corps, de mes émotions, de mes besoins physiques et psychologiques. Je ne me suis cependant pas encore tout à fait débarrassée de moments d'anxiété intense (un phénomène qui m'accompagne depuis mon plus jeune âge), et il s'avère que depuis un moment une question me turlupine: Pourquoi souvent les moments de déprime guettent le weekend, dans les moments creux? A moins de bien s'habiller, pour une occasion donnée, de sortir de jolis couverts, etc. Alors que la vie professionnelle peut comporter sa part de stress, c'est à la maison, souvent, que l'anxiété atteint des sommets chez moi.

Une partie de la réponse, je pense, c'est que la vie domestique m'a toujours fait un peu peur, bien que j'aie une personnalité plutôt casanière. Les tâches quotidiennes, le chaos inévitable...tout ça m'effraie, je l'avoue. Quand je sens mon esprit envahi par la vie domestique, je ressens alors comme une prison ces quatre murs dont je m'occupe autant au quotidien et dont je suis fière par ailleurs! Ma maison, c'est un lieu de réconfort, un refuge, mais dans ces moments-là il prend la forme d'une cage dorée.

La grande question qui se pose donc depuis longtemps pour moi, après avoir réarrangé, désencombré, organisé...après avoir mis de l'ordre dans ma tête et dans ma maison...comment arriver à se sentir en paix tout le temps (et non juste pendant et dans les minutes qui suivent une séance de méditation) - même quand il y a une pile de vaisselle dans l'évier?

C'est ce qu'explore Jennifer L. Scott plus particulièrement dans le deuxième volume de sa trilogie, At home with Madame Chic. Pour être vraiment à l'aise jour après jour sans même quitter sa maison, la clé c'est d'embrasser et de chérir jusqu'aux tâches les plus ordinaires, de ne pas lutter contre ce qui fait essentiellement partie de la vie. 

Mais revenons à cette idée de garde-robe. 

Pourquoi ne pas utiliser au quotidien le meilleur de ce qu'on possède? 

Cette pensée peut être élargie à souhait: pourquoi ne pas s'accorder le meilleur,  au jour le jour, pourquoi ne pas se traiter soi-même comme on traiterait un invité...on est si dur avec nous-mêmes, souvent, et on réserve le meilleur de nos possessions et de notre investissement pour les grandes occasions. 








Les mots Madame Chic peuvent certes donner la mauvaise impression. Il ne s'agit pas d'une approche de personne aisée. Posséder moins d'objets mais vraiment chérir les objets qu'on possède - cela ne revient en aucun cas à une vie de luxe qui serait uniquement à la portée d'une minorité. Je crois que se laisser attirer dans tous les pièges du matérialisme ambiant en remplissant ses armoires.. et puis n'utiliser presque jamais ses possessions les plus chères, celles qui, si on y pense, nous donnent le plus de joie, crée beaucoup de malaise. 

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut assez facilement changer son mode de vie, vivre avec plus d'intention, peu à peu, et se sentir tellement plus léger. Et puis, surtout, ne garder que le meilleur revient aussi à se défaire de l'éternelle chasse à de nouveaux objets: on peut se poser, finalement, profiter de ce qu'on a déjà et surtout tirer de la joie de tout ce qui n'est pas du domaine du matériel: la bonne compagnie, la musique, des vrais passe-temps qui nous aident à nous épanouir et à nous sentir bien dans notre peau. En nous entourant seulement d'objets qui nous procurent de la joie, jour après jour.

Adopter cette philosophie revient aussi tout simplement à s'occuper de soi. A ne pas s'oublier, à ne pas tomber dans des automatismes et perdre la conscience du moment présent, si précieuse pour vraiment VIVRE.

jeudi 27 avril 2017

Des lectures au bord de ma route...

Ce que je recherche dans mes lectures





L'envie de lire correspond chez moi à un besoin viscéral. Peu importe combien de fois dans ma vie j'ai déjà pris dans mes mains un livre tout neuf (ou tout ancien, un de ces magnifiques volumes aux feuilles jaunies déniché dans une bibliothèque ou chez un bouquiniste), les battements de mon coeur s'accélèrent toujours un peu. Sur la photo au-dessus on voit deux romans de Nicolas Barreau que j'ai lus récemment, ce sont des lectures faciles, très bien adaptées si on a peu de temps à disposition et si on a envie de plonger dans un petit conte féérique le temps de quelques heures. Le côté rêveur qui se dégage de ces bouquins se voit bien sur la couverture et m'a donné envie de les lire (dans l'article Sur les pas d'Ondine: Mes lectures de maman (2014-2015), j'évoquais déjà Le sourire des femmes  du même auteur)

Je considère la fiction comme ma première langue maternelle. Sans histoires dans ma vie, je me sens comme asphyxiée. J’en ai besoin comme d'une échappatoire, mais également comme d'un canal d’expression unique, qui ne se réveille par aucun autre moyen: les histoires m'inspirent, éveillent ma créativité, me poussent à écrire moi-même, à puiser dans mon propre imaginaire. En faisant le fameux test de personnalité Myers-Briggs, j'ai découvert que pour le type de personnalité qui me correspond (INFJ) la fiction représente un besoin vital...je le savais! mais oui! la lecture fait partie de moi. Et tant  pis pour ceux qui ne le comprennent pas ou qui voient ce passe-temps comme une activité légèrement asociale.

En ce qui concerne le choix de bons livres, je le prends très au sérieux depuis toujours. La boulimie de lecture va de pair chez moi avec une certaine rigueur: d'un côté, on peut avoir l'impression que je lis tout ce qui me tombe sous la main, d'un autre côté, le tri mental qui s'opère dans mon cerveau est très sélectif.

Il se trouve que depuis que je suis maman, je n'ai pas pour autant arrêté de lire, mais les moments consacrés à la lecture se font plus rares et plus précieux encore. Après la naissance de ma fille, la longue to do list de toutes les activités parmi lesquelles je choisissais jadis s'est drôlement réduite et, lorsque j'ai enfin un moment à moi, mon cerveau élimine par brassées des options qui désormais ne me semblent plus dignes d'attention ou de temps à y consacrer. Ainsi, lorsque j'ai une demi-heure à moi, et surtout depuis que je ne passe plus mon temps à ranger et à organiser (ayant pas mal désencombré notre maison et ma vie en général) mon choix se porte le plus souvent sur quelques pages d'un bon livre.

Le choix du bouquin dépend de plusieurs facteurs et mes envies, comme les envies de tout lecteur, peuvent varier d'un moment à l'autre et se modifier sur le long terme. Cependant, depuis mon enfance, j'ai l'impression qu'il y a un fil rouge dans mes attentes de lectrice et que certains critères se sont cristallisés clairement et de manière plutôt fiable. J'ai encore pu le constater en m'interrogeant sur quelques-unes de mes lectures récentes et en cours.



L'écriture de l'auteur(e)

Si j'aime autant les livres, à la base, c'est parce que je suis une amoureuse des mots et des phrases. Il m'a toujours paru étrange de parler du style d'un auteur (même après 4 années d'études de lettres modernes je dois avouer que je ne suis toujours pas certaine de ce à quoi fait référence ce fameux mot style!) alors que le contenu et le contenant, le fond et la forme, pour moi, ce sont deux composantes qui se recoupent et s'entremêlent et qu'on ne peut jamais vraiment dissocier. Chez les bons écrivains, l'histoire d'un côté et les mots qui la racontent de l'autre forment un tout que personnellement, je me garde bien de disséquer. 

J'affectionne les grands auteurs classiques chez qui cette harmonie parfaite entre la forme et le fond est une évidence. C'est une des raisons pour lesquelles je me tournerai toujours à nouveau vers les grands classiques de la littérature. 

Or, comme je l'avais découvert dans mon article La littérature contemporaine ou comment revenir de ses préjugés,  je peux trouver dans la littérature contemporaine également de quoi m'éblouir,  même si je serai toujours particulièrement sélective. Je ne fais plus autant la différence entre un classique et un contemporain: Que je lise Marcel Proust ou Jonathan Franzen (dont j'ai commencé à lire le roman Purity récemment), j'ai toujours devant moi l'oeuvre d'un auteur, d'un vrai, cela se reconnaît dès les premières pages de lecture, toujours, et c'est tout ce qui fait mon bonheur de lectrice.


Une sortie des chemins tout tracés

Les romans de l'écrivaine ukrainienne Marina Lewycka font partie de cette catégorie de livres inclassables - leur premier mérite est que leur auteur a écrit les histoires qu'elle a voulu écrire, à sa manière, sans se soucier de ce qui est convenable. Depuis son premier roman A short history of tractors in ukrainian, je suis son oeuvre et jubile à la sortie de chaque nouveau roman. Autant j'apprécie la littérature classique, autant j'affectionne tout ce qui sort d'un carcan un peu trop resserré. J'aime les livres qui indirectement font l'éloge de la différence, de la marginalité (à la manière de la filmographie de Tim Burton) Qui véhiculent l'impératif, le besoin, de faire exactement ce qu'on veut, de la manière qu'on veut. Et on ressort de ces lectures en se disant qu'il n'y a vraiment que les limites qu'on se pose nous-mêmes.


C'est un point que j'apprécie en général dans la littérature russe - rien  n'est trop grotesque ou trop fou pour pouvoir être transformé en précieux texte littéraire.

Souvent, d'ailleurs, dans ces livres uniques écrits par des écrivains incarnant la liberté créative la plus complète, la ligne qui sépare la réalité de la fiction est ténue, et cela me convient très bien: je suis une grande fan de l'auto-fiction, du fait de pouvoir piocher dans son vécu et d'en tirer ce qu'on veut, dans la liberté la plus totale.


La sagesse

Il y a de ces livres, plutôt orientés philosophie, psychologie ou encore développement personnel (Les quatre accords toltèques, Le Choix du bonheur...) ou encore des manuels de vie comme ceux de Marie Kondo (The Life-Changing magic of tidying up) qui m'ont enrichie tout en m'apportant plus de légèreté. Tous les livres autour de la question du traitement éthique des animaux (Eating Animals de Jonathan Safran Foer en est un exemple) font partie de cette catégorie de lecture. Je considère la pensée philosophique voire même spirituelle comme très importante et ainsi elle constitue une partie intégrante de mes choix de lecture, même lorsqu'il ne s'agit pas de fiction. 




Récemment The Universe has your back a retenu mon attention: j'ai l'impression que parfois je tombe sur les bons livres au bon moment - à un stade de ma vie où la méditation et la recherche d'un lâcher-prise font partie de mes priorités, ce livre est tombé à pic.

J'aime aborder les sujets philosophiques ou spirituels avec une grande ouverture d'esprit: sans me cantonner au point de vue d'une religion ou d'une croyance en particulier, en restant à l'écoute et prête à la découverte, consciente que l'univers dans lequel je suis née renferme en son sein bien plus de mystères et de secrets que nous ne pouvons concevoir. J'aime les questions plus que les réponses, je trouve celles-ci bien plus humbles, et voilà donc un autre critère qui guide mes choix de lecture: continuer à poser les bonnes questions, à grandir,  et à élargir mon horizon.

L'émerveillement


Malgré tous les critères d'adulte qui se sont superposés à ceux de la lectrice que j'étais lorsque j'étais enfant, la place de l'émerveillement dans la lecture n'a pas bougé depuis. J'ai beau avoir fait des études, j'ai beau admirer les grands textes de la littérature classique, et faire preuve de snobisme  (je l'avoue) devant toute une catégorie de lectures de plage que je boude systématiquement, je recherche finalement toujours le même frisson dont parle Emily Dickinson. Cet émerveillement est foncièrement le même aujourd'hui - jadis je lisais Secret Garden en me sentant complètement subjuguée, transportée dans un autre univers. Aujourd'hui je lis (finalement!) Peter Pan, je suis les aventures d'Harry Potter et je sens que dans le fond je suis restée la même lectrice: celle qui veut voyager à travers ses lectures, mais surtout être émerveillée.

On nous apprend depuis notre plus jeune âge que d’abord viennent les tâches, ensuite le jeu. Qu’il faut faire ses devoirs, accomplir des tâches ménagères, faire les courses…avant de pouvoir se consacrer à tout ce qui a trait à l’imagination. Au point d’oublier que l’imaginaire, c’est essentiel. Qu’elles soient vécues ou inventées, les histoires universelles telles que les contes de fée ne sont pas un luxe. On a besoin de romanesque dans nos vies, ce n’est pas optionnel. 




Récemment, il m'arrive de plus en plus souvent (après plusieurs années passées à être trop sérieuse, trop centrée sur ma vie d'adulte, en somme) de ressentir combien il est essentiel de libérer son enfant intérieur, de laisser libre cours à son imagination, de s'occuper de son petit jardin secret, quel qu'il soit.








Il arrive qu'un nom de personnage ou qu'une couverture me donne envie de lire un livre (C'est le cas pour le roman représenté  sur la photo ci-contre)
A ces moments-là, je mets de côté les à priori de snobisme littéraire et je fais ce que fait tout lecteur passionné: Je plonge la tête la première dans les premières pages, je me laisse emporter par la plume de l'auteur. Et heureusement mes instincts me trompent très rarement!


dimanche 29 janvier 2017

Féministe jusqu'au bout des ongles...ou «juste un peu»?




Les récentes élections américaines m'ont laissée pantoise, m'ont affectée au-delà de ce que j'aurais pu imaginer. La veille des résultats j'avais la boule au ventre, un mauvais pressentiment.

En temps normal, la politique et moi, ça fait deux. Oui, je vais voter, je trouve que c'est un droit important, et tout le monde sait qu'être apolitique peut être dangereux. Mais je ne m'emballe pas pour des sujets « politiques ». En tout cas, pendant longtemps, je les évitais comme la peste, à vrai dire.

Là, quelque chose a clairement changé - le lendemain de l'élection de Donald Trump en tant que 45e Président des Etats-Unis, je me suis surtout posé une question: Qu'est-ce que je répondrai à ma fille si un jour elle me demande comment c'est possible de tenir des propos aussi misogynes, de mépriser autant les femmes par les gestes et par les paroles... et d'obtenir  ensuite en guise de récompense le poste d'homme le plus puissant sur Terre?

Et j'ai réalisé que c'est là le noyau de la question de la politique et moi, le nerf de la guerre: Si je veux être au courant, tout particulièrement en ce qui concerne les droits des femmes (et des filles) dans le monde, c'est surtout pour que je puisse répondre à ma fille.

Pour ne pas rester muette devant ses questions.

Je n'aurai pas la réponse à la plupart de ses interrogations, mais je l'encouragerai à chercher elle-même ses réponses. A être fière de ce qu'elle a à offrir, et à se battre pour ses droits et pour ceux de toutes les autres femmes.

Etant actuellement enceinte de mon deuxième bébé (une fille aussi), je me sens plus que jamais appelée à défendre les droits fondamentaux des femmes. Lorsque je vois que ces droits sont bafoués, encore et encore (et aussi chez nous pas uniquement dans des pays lointains), que ce sont toujours et encore les hommes qui prennent les décisions sur ce que nous avons le droit de faire de notre corps, les hommes qui s'opposent au droit à l'avortement en invoquant le « miracle de la vie » alors qu'ils n'ont aucune idée ce que c'est que d'être une femme dans une situation d'extrême détresse, sans recours, sans aide, désespérée de se retrouver enceinte.

Je suis très heureuse d'être enceinte: J'adore sentir mon bébé bouger, élaborer mille et un projets pour ce petit être qui grandit en moi, écouter les battements de son cœur, me demander quelle bouille elle aura, si elle ressemblera à sa grande sœur. Mais je suis également extrêmement consciente de la chance que j'ai. Si je me compare aux femmes enceintes dans le monde entier, ma situation est pour le moins privilégiée: Je suis une femme blanche dans une relation stable, je dispose d'une certaine sécurité financière, je ne suis pas une victime de violences sexuelles (contrairement à bon nombre de femmes sur cette planète) et j'ai la grande chance de porter un bébé désiré et à priori en bonne santé.

Le fait que je n'aurai jamais à prendre la décision difficile de ne pas mener  à terme ma grossesse ne me rend pas imperméable à l'empathie, bien au contraire: Je ressens beaucoup de compassion pour les femmes qui ne voient pas d'autre solution que celle d'avorter - encore plus étant enceinte moi-même. Je me sens connectée, liée à ces femmes, je voudrais pouvoir leur donner mon soutien. Je n'ai rien fait pour mériter d'être dans ma situation, et non dans la leur.

Le droit à l'avortement n'est qu'une des nombreuses causes féminines que je soutiens - il  y en a beaucoup d'autres comme le droit à l'éducation pour les petites filles dans des pays en voie de développement ou la protection des femmes dans des situations de violence conjugale ou de maltraitance.

Au cours du siècle dernier, nous avons fait beaucoup de pas en avant, mais malheureusement nous n'avons pas échappé aux retours en arrière, par un manque d'implication, d'engagement, de vigilance, parfois, certainement, mais également en grande partie parce que les voix qui s'élèvent pour la cause des femmes, ici, chez nous, ne parlent toujours pas assez fort. Parce qu'on s'excuse presque de se dire féministes, comme s'il s'agissait d'un gros mot.

Ce n'est pas parce que je suis dans une situation privilégiée et que « je n'ai pas à me plaindre » que je vais me taire. Tant que ce seront des hommes qui prendront des décisions importantes concernant NOTRE corps, tant qu'on trouvera normal qu'une femme doive se justifier de vouloir retravailler après avoir eu un enfant, tant qu'on entendra des phrases comme « c'est un bon film, bien qu'il ait été réalisé par une femme », il sera plus que nécessaire de faire entendre nos voix.

La politique, ce ne sera jamais mon domaine, mais j'ai compris que lorsqu'on parle politique, souvent, on ne fait que traiter les grandes questions que tout le monde dans notre société devrait se poser (et pas uniquement les hommes et femmes politiques)

Utiliser le mot féministe, sans hésitation, ans honte, sans « juste un peu », ETRE féministe jusqu'au bout des ongles, ça veut surtout dire réaliser qu'on est encore très loin d'une égalité des sexes - on y arrivera un jour, avec beaucoup de patience face aux obstacles et aux retours en arrière.

Mais dans ce long combat on sera porté par ce souffle libérateur que je ressens parfois, récemment en regardant des extraits du Women's March aux Etats.Unis, cette marche gigantesque de protestation.....toutes ces femmes qui n'ont pas peur de dire « oui, nous avons des droits ».